Des personnels de l'hôpital de Bastia en grève de la faim pour réclamer une aide financière

Par Anne Bayle-Iniguez
- Mis à jour le 31/10/2017

Trois personnels membres de la CGT du centre hospitalier de Bastia ont entamé ce lundi une grève de la faim pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail et réclamer au ministère de la Santé une aide financière. 

« Nous sommes dans le hall de l'hôpital, où nous informons les patients de notre action, explique au "Quotidien" Josette Risterucci, déléguée CGT et secrétaire médicale avec « 40 ans d'hôpital ». D'autres personnels font la grève de la faim en travaillant, ce qui est dangereux. C'est un mode opératoire débile, et même démesuré, mais c'est une réponse à hauteur de la situation financière de l'hôpital, qui est désespérée. »

De fait, l'établissement est plombé par une dette de 50 millions d'euros, dont 29 millions d'euros de dettes aux fournisseurs. Selon Josette Risterucci, « les patients témoignent de manque de médicaments », les équipes ont dû faire avec « des reports de chimio » faute de molécules adéquates. Contacté, le directeur de l'établissement Pascal Forcioli confirme des « ruptures d'approvisionnement » dans la pharmacie hospitalière. « Je comprends cette certaine désespérance des partenaires sociaux, qui réclament un plan de restructuration depuis des années alors que l'hôpital d'Ajaccio vient de finir le sien, commente le directeur. Cette situation accentue le déséquilibre entre les deux établissements. Nous espérons donc un début de réponse de la part de la ministre de la Santé, qui connaît bien le dossier pour être venu sur place cet été. »

Inquiétudes pour l'investissement

Comme souvent à l'hôpital public, la communauté médicale soutient le mouvement sans y participer, précise Pascal Forcioli. « Le personnel médical est notamment préoccupé par l'incidence de la situation financière sur l'investissement », note le directeur.

Les personnels grévistes réclament « un déblocage immédiat d’une enveloppe de trésorerie de 15 millions d’euros » ainsi qu'un « plan de financement à 100 % des travaux de modernisation » attendus depuis près de 20 ans.