Débat national : quand des petites mutuelles réclament les grands moyens

Par
Martin Dumas Primbault -
Publié le 19/03/2019
mutuelles

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Crédit photo : S. Toubon

Les petites et moyennes mutuelles ont leur mot à dire sur l'accès aux soins. Elles l'ont prouvé à la faveur d'une discussion animée organisée à Paris par la Mutualité française Île-de-France dans le cadre du Grand Débat national. Interrogés sur l'accès territorial et financier aux soins, une centaine de responsables ou simples adhérents mutualistes militants ont avancé leurs solutions, parfois radicales, mais toujours empreintes d'inquiétude.

Parmi leurs propositions par exemple, « réhabiliter les dispensaires », inciter les professionnels de santé à s'organiser en société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) ou encore développer le métier de médecin itinérant dans les zones fragiles...

La santé et le marché

« Il faut faire du public », a résumé Anne Le Loarer, présidente de la Mutuelle complémentaire de la ville de Paris, qui juge comme nombre de responsables mutualistes que « le système libéral est à bout de souffle » et n'encourage pas les praticiens à s'installer en libéral dans les zones rurales. « La médecine de qualité se fera avec des moyens et des moyens publics », ajoute Anne Le Loarer, qui propose de « poser la question de la liberté d'installation ». Dans le viseur de plusieurs militants, la liberté tarifaire est accusée de « ruiner » les petites mutuelles. « Le meilleur moyen de limiter les dépassements tarifaires, c'est de les interdire », suggère Anne Le Loarer.

La réforme du « 100 % santé » inquiète également. Elle est accusée de favoriser les grosses structures qui ont les reins solides, au détriment des petits organismes qui subiront le renchérissement des coûts. « Le reste à charge zéro n'existe pas, il sera payant sous des formes déguisées », recadre un adhérent de la Mutuelle familiale. La logique de cette réforme est questionnée. « On devrait pousser le reste à charge zéro sur d'autres soins élémentaires de ville », suggère cette adhérente de la mutuelle Intégrance.

En creux, la place de l'assurance-maladie obligatoire est posée. « On assiste à une réduction du champ d'action de la Sécurité sociale qui pèse sur les mutuelles et doit inciter à redéfinir leurs missions », analyse un autre adhérent qui propose d'orienter leur action vers davantage de prévention. Un autre partage le même constat pessimiste : « La mission des mutuelles a été détournée, on nous prend pour des assurances, il faut arrêter de faire de la santé un marché ! »


Source : lequotidiendumedecin.fr