Black Friday : succès de l’opération selon les syndicats, Touraine inflexible

Publié le 13/11/2015
- Mis à jour le 13/11/2015

Crédit photo : AFP

Opérations escargot, cabinets fermés, opérations reportées : médecins, dentistes ou encore infirmiers libéraux ont manifesté à travers tout le pays une nouvelle fois vendredi leur opposition au projet de loi santé et à sa mesure phare, le tiers payant généralisé, à trois jours d’un nouvel examen du texte à l’Assemblée.

La majorité des syndicats de médecins libéraux (CSMF, MG France, FMF, SML, Le BLOC) et l’UFML avaient appelé à la grève dans un front commun, rejoints par SOS Médecins, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) et d’autres professions.

L’ampleur du mouvement est difficile à évaluer, les médecins libéraux n’étant pas obligés de se déclarer grévistes. « À 15 heures, 3 cabinets sur 4 sont fermés et la participation s’élève même à plus de 80 % en Lorraine et Poitou Charentes, 93 % dans le département de la Saône, 95 % en Mayenne, etc. », avance la CSMF dans un communiqué. La FHP estime quant à elle qu’« environ deux tiers des cliniques (ont été) touchées à des degrés divers par le mouvement de grève ». Des opérations ont été déprogrammées dans les établissements mais la continuité des soins a été assurée, les urgences étant transferées vers l’hôpital public.

Des urgences chargées

De son côté, la FHP (Fédération hospitalière de France), n’avait dénoncé aucun dysfonctionnement majeur en milieu d’après-midi. « L’activité est chargée » aux urgences, a indiqué pour sa part le président de SAMU-Urgences de France, François Braun. Mais « difficile de dire si c’est lié à la grève ou pas ». « Toutes les dispositions nécessaires » ont été prises « pour que chaque patient puisse être pris en charge dans de bonnes conditions », d’après le ministère de la Santé.

La ministre, Marisol Touraine, a balayé dès vendredi matin les « craintes non fondées » des professionnels, leur promettant un dispositif « simple » qui « apparaîtra progressivement comme une évidence ». « Je ne suis pas plus rassuré », a raillé Eric Henry, président du Syndicat des Médecins libéraux, dénonçant une « guerre de dogmes et d’idées ».

« Le gouvernement a-t-il pris la mesure de la colère des médecins », s’interroge la CSMF qui appelle tous les syndicats à se réunir pour réfléchir à la suite à donner au mouvement.

Un grand rassemblement est prévu lundi à proximité de l’Assemblée nationale, à Paris, où commencera l’examen en deuxième lecture du projet de loi, à l’appel de tous les syndicats représentatifs. Des grèves de la permanence des soins sont à également à prévoir ce week-end et au-delà. Objectif : montrer « ce qui se passera demain » si la loi s’applique.

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S. L. (avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr