Bilan santé de Hollande : l’urgentiste Gérald Kierzek regrette son vote et explique pourquoi

- Publié le 06/05/2013
- Mis à jour le 06/05/2013
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Crédit photo : DR

Le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l’Hôtel-Dieu (AP-HP, Paris) regrette avoir voté pour François Hollande à l’élection présidentielle, il y a un an. Sur le site Internet du « Nouvel Observateur », le praticien se rappelle avoir été « séduit par la promesse [du candidat socialiste] de "définir un nouveau modèle, fondé sur une conception économique, sociale et démocratique" pour la santé ». « Comme beaucoup de mes confrères, c’était la première fois que je votais à gauche », reconnaît-il. Le Dr Kierzek se souvient des « attentes » de la communauté médicale, « immenses » après cinq années de sarkozysme « marqué[es] par un sentiment de mépris et d’injustice à l’égard des professionnels de santé ».

L’honneur des médecins « sali »

« Le désenchantement a été rapide », grince aujourd’hui le médecin.

« Sur la forme » tout d’abord, l’urgentiste s’agace de « la dilution » de la thématique santé « dans un grand ministère, pour le moins technocratique, des Affaires sociales et de la Santé », au sein duquel « erreurs de casting », « départs en série » et « directeurs d’hôpitaux ayant une méconnaissance technique des dossiers » sont légion. Pas de « turn over » au sommet des institutions d’État malgré le changement de majorité : « On prend les mêmes et on recommence », commente, amer, le Dr Kierzek.

« Sur le fond », le médecin concentre sa déception sur « l’accord raté sur les dépassements d’honoraires », « alors que les mécanismes pour lesquels [ils] existent ne sont pas compris ». Avec cet épisode, l’honneur des médecins a été « sali », déplore le Dr Kierzek.

La victoire du marketing

Enfin, l’urgentiste désapprouve ces « concepts dégainés » (« pacte de confiance », « bed managers ») à tour de bras par les politiques « alors même que les professionnels ne sont plus associés aux décisions hospitalières ».

Au terme de ce réquisitoire, le Dr Kierzek tire la sonnette d’alarme : « Il y a urgence à ce que le politique reprenne la main sur la technocratie. » Comment ? En se « reconnect[ant] aux réalités professionnelles ». Et en se rapprochant des médecins.