Contraception définitive : l’ANSM envisage de renforcer l’encadrement de la pratique autour d’Essure

Publié le 16/10/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

L’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM), la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) envisagent de mettre en place des mesures pour mieux encadrer la pratique de stérilisation définitive par méthode Essure, a indiqué l’agence au « Quotidien », précisant que le dispositif en lui-même ne posait « a priori » pas de problème. Suite aux signalements d’effets indésirables, l’ANSM a lancé une investigation sur la sécurité de cette pratique, il y a déjà quelques mois.

Une expérience en hystéroscopie requise

Les implants Essure sont composés de fibres de polyéthylène térephtalate, d’un alliage de nickel, de titane et d’acier inoxydable. L’implant est placé dans la partie proximale de chaque trompe sous contrôle hystéroscopique. Le dispositif est guidé par un cathéter inséré par voie vaginale, au moyen du canal opérateur de l’hystéroscope. Une fois en place, les fibres de l’implant induisent une réaction tissulaire d’occlusion des trompes.

Une expérience nécessaire en hystéroscopie

Pour le Pr Patrice Lopes, gynécologue-obstétricien au CHU de Nantes, qui a implanté le dispositif chez des milliers de femmes depuis 2002, l’expérience en matière d’hystéroscopie est primordiale pour le succès de l’implantation. « Si quelqu’un se met à faire de l’Essure mais qu’il n’a pas d’expérience d’hystéroscopie, il est très vite perdu », explique-t-il, précisant qu’avec de l’expérience, les chances de succès de pose sont de 95 %. « Il peut y avoir des complications dans 1 à 3 cas sur 1 000, des déplacements de l’implant… donc c’est pour ça qu’il faut absolument réaliser un contrôle trois mois après la pose, pour voir si les petits ressorts ne se sont pas déplacés ». Le praticien insiste cependant sur les avantages incontestables de cette approche de stérilisation par rapport à la ligature des trompes, car il s’agit d’une méthode ambulatoire, sans incision, pouvant être réalisée sans anesthésie générale dans 80 % des cas.

La méthode Essure est sous les feux de la rampe aux États-Unis depuis l’année dernière, où des femmes ont porté plainte contre le laboratoire Bayer, qui commercialise l’implant sur le territoire. De nombreux effets indésirables ont également été signalés à la Food and drug administration qui, le mois dernier, a annoncé la mise en place d’un comité consultatif pour évaluer, comme l’ANSM, le dispositif de contraception.

Clémentine Wallace

Source : lequotidiendumedecin.fr