Cellule éthique du Grand Est : des questions qui se posaient hier « aujourd'hui fondamentales »

Par
Coline Garré -
Publié le 26/03/2020

Crédit photo : AFP

Comme à Marseille ou Paris, l'Espace de réflexion éthique Grand Est (EREGE) n'a pas tardé à s'organiser pour apporter son éclairage aux soignants, dans leur réponse à l'épidémie de Covid-19.

S'inspirant de la contribution du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), l'EREGE, et ses trois sites d'appui en Alsace, Lorraine, et en Champagne, en lien avec son agence régionale de santé, a mis sur pied une cellule pluridisciplinaire de soutien, composée de médecins, mais aussi de juristes, philosophes, étudiants, psychologues, directeurs d'établissements, etc.

Des saisines d'établissements dépourvus de groupe de réflexion

« Nous avons rapidement eu des saisines de la part de centres médico-sociaux ou d'établissements qui n'ont pas de groupe de réflexion éthique opérationnel », explique au « Quotidien » Alain Léon, professeur d'anesthésie-réanimation et directeur de l'EREGE, depuis Reims.

Parmi la dizaine de sollicitations reçues en moins d'une semaine, nombreuses sont celles qui portent sur la conduite à tenir avec les personnes âgées dépendantes. En particulier en EHPAD. « On nous demande par exemple comment l'on peut isoler une personne, sans bafouer les règles juridiques et éthiques, illustre le Pr Léon. Ou dans quelle mesure du personnel non soignant peut-il prendre la responsabilité d'accéder aux dossiers médicaux des patients, par exemple pour transmettre des informations sur les directives anticipées aux régulateurs, lorsque l'équipe médicale est surchargée ? »

« Ces questions se posaient déjà hier. Aujourd'hui, elles apparaissent comme fondamentales. Et demain, nous souhaiterions une réflexion sur ces sujets », commente le Pr Léon.

Relation avec les aidants et familles

Comme à Marseille, la cellule éthique reçoit des questionnements autour de l'information et de la place à donner aux familles, alors que les visites des proches sont réduites à peau de chagrin dans les établissements sanitaires et médico-sociaux. « Nous sommes interrogés sur la prise en charge d'une personne avec un handicap se retrouvant dans un flot de malades, sans pouvoir s'exprimer. Il est alors difficile d'exclure l'aidant… Comment faire ? » relate le Pr Léon.

Aucune question n'a encore porté sur la priorisation des patients en réanimation, qui fait par ailleurs l'objet de réflexions éthiques.

« Nous allons essayer d'aider les soignants à prendre les décisions les plus stratégiques et justes pour les patients et la communauté », dit le Pr Léon, tout en s'engageant à assurer un suivi des demandes et les porter à la connaissance de la direction générale de l'offre de soins (DGOS), pour préparer l'avenir.


Source : lequotidiendumedecin.fr