Aide au développement : la France réhabilite l'aide bilatérale et double ses contributions aux ONG

Par
Coline Garré -
Publié le 09/02/2018

Le gouvernement français a révisé ce 8 février ses priorités en matière d'aide publique au développement, notamment en décidant de relancer l'aide bilatérale via les dons, à l'occasion d'un comité interministériel sur la coopération internationale pour le développement (CICID). 

Une trajectoire annuelle a été fixée pour atteindre l'objectif fixé par le président Emmanuel Macron de consacrer 0,55 % du revenu national brut (RNB) à l'aide publique au développement en 2022 : 0,44 % en 2019, 0,47 % en 2020, 0,51 % en 2021 puis 0,55 % en 2022. 

Le budget de l'aide au développement était de 0,38 % de la richesse nationale en 2016. Le niveau de 0,55 % n'a plus été atteint depuis 1995. La France reste loin de l'objectif fixé par les organisations internationales de 0,7 % qui n'a été atteint que par le Royaume-Uni en 2013 et l'Allemagne, en 2016. 

La partie bilatérale, qui constitue autour de 60 % de l'aide versée par la France, « représentera les deux tiers des moyens additionnels d'ici à 2022 », indique Matignon. La part de l'aide multilatérale (fonds européens, banque mondiale…) en sera légèrement réduite.  

« Dès 2019, un saut quantitatif d'un milliard d'euros en autorisations d'engagement permettra à l'Agence française de développement (AFD) d'amorcer un grand nombre de projets bilatéraux dans nos géographies prioritaires », précise Matignon. Aux 17 pays prioritaires de l'aide au développement française (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Djibouti, Éthiopie, Guinée, Haïti, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Sénégal, Tchad, Togo), la France en a ajouté deux : le Liberia de l'ex-footballeur George Weah ainsi que la Gambie.

Cinq domaines prioritaires ont été définis : stabilité internationale, climat, éducation, égalité femmes-hommes et santé.

Paris a aussi décidé de doubler ses contributions aux ONG d'ici 2022. « Nous ne sommes plus un partenaire crédible, il fallait que nous retrouvions notre rang », reconnaît une source gouvernementale.


Source : lequotidiendumedecin.fr