Téléconsultation en officine : MG France redoute un conflit d'intérêts du pharmacien

Par Sophie Martos
- Publié le 11/12/2018
- Mis à jour le 15/12/2018
téléconsultation

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Crédit photo : PHANIE

À peine signé, déjà critiqué ! L'avenant 15 sur la téléconsultation en officine paraphé le 6 décembre par l'Assurance-maladie et deux syndicats de pharmaciens (FSPF et USPO), dans le cadre de la convention pharmaceutique, n'est pas du goût du syndicat de généralistes MG France pour qui « la médecine générale ne se réduit pas à une cabine d'outils connectés ».

L'avenant détaille les modalités de participation des pharmaciens à la réalisation d'actes de télémédecine – organisation de la téléconsultation, mise à disposition d'un espace de confidentialité, vidéotransmission sécurisée, respect du parcours de soins. L'avenant prévoit une rémunération forfaitisée pour le pharmacien et la prise en charge du matériel nécessaire au recueil des paramètres du patient afin de faciliter l'accès à la téléconsultation.

Mais MG France n'est pas convaincu. L'organisation du Dr Jacques Battistoni s'alarme en premier lieu d'un « potentiel conflit d'intérêts du pharmacien d'officine ». « Le pharmacien initie, organise la téléconsultation et délivre aussi les médicaments. Il peut de facto mettre la pression sur le prescripteur », explique au « Quotidien » le Dr Battistoni. 

Jouer collectif

D'autre part, MG France s'inquiète du risque de contournement du parcours de soins. Certes, comme dans le cadre général de la téléconsultation remboursée, les pharmaciens devront organiser le recueil d'informations dans le cadre du parcours de soins. Mais pour MG France, le compte n'y est pas. « Nous craignons un détournement du soin et du médecin traitant au profit de plateformes commerciales "hors sol" dès que le médecin traitant ne sera pas disponible ou joignable », alerte le Dr Battistoni. Et ce d'autant que, selon le syndicat, plusieurs plateformes commerciales entretiennent toujours « un flou quant au remboursement du patient ».

Pour éviter les dérives, MG France réfléchit à la mise en place d'outils collaboratifs partagés (agenda, messagerie) à l'échelle du territoire. « Cette collaboration active entre pharmacien et médecin généraliste traitant pose les jalons d'une équipe de soins primaires », résume-il.