Deuxiemeavis.fr : le président de MG France craint l’émergence d’un marché de la santé

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Publié le 06/01/2016
Le site deuxiemeavis.fr commercialisant un second avis médical en ligne continue de faire des remous. Le président de MG France, Claude Leicher, a confié ses craintes sur le sujet à RTL, ce mercredi matin. « Ce qui me choque dans cette affaire, c’est qu’on demande au patient d’aller donner un dossier avec ou sans l’avis de son médecin traitant, que ça lui coûte 295 euros, pour faire quelque chose que nous faisons déjà à un tarif bien inférieur et avec une efficacité bien supérieure » a expliqué le généraliste installé dans la Drôme.

Peut-on donner un avis sur un patient sans le voir ?, interroge Yves Calvi, de RTL. Invitée de l’émission, le Dr Agnès Thorn défend le concept du service en ligne.

« Ça n’est pas une consultation, c’est un deuxième avis. Pour des pathologies graves comme un cancer, c’est déjà comme cela qu’on prend des décision thérapeutiques. Les réunions pluridisciplinaires à l’hôpital se font sur dossier avec les scanners, les IRM, les données cliniques transmises par les médecins traitants », explique le médecin, exerçant dans une clinique de Versailles. Sauf que, rappelle le Dr Leicher, « dans les réunions de concertation pluridisciplinaires, il y a un des médecins qui a vu le patient ».

Des experts accessibles à tous, en un temps record


Deuxiemeavis.fr avance un autre argument : celui de la difficulté de l’accès aux soins pour certains patients. « Si vous avez une maladie rare, si vous êtes dans une région qui est dépourvue de spécialistes dans ce domaine, vous n’aurez pas accès à ce qui se fait de plus récent » relève le Dr Thorn.

Le prix est trop élevé ? « En France, on n’a plus la notion de ce que vaut une consultation et un avis sur des choses qui sont vitales pour le patient, un cancer, une maladie rare. Ça ferait sourire dans les pays voisins où l’avis d’un expert serait plus cher » répond le médecin qui ajoute que les frais pourront être pris en charge par les mutuelles à l’avenir.

« C’est ce genre de pratique qui va mener vers un système de marché de la santé, s’inquiète pour sa part le Dr Leicher. On est en train de quitter la notion de système de santé. »
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Source : lequotidiendumedecin.fr