Agnès Buzyn se rend dans une start-up à succès spécialiste en prévention bucco-dentaire

Par Sophie Martos
Publié le 26/03/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : S. Martos

Dans le prolongement du lancement de son plan « priorité prévention », la ministre de la Santé Agnès Buzyn, accompagnée de Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État chargé du numérique et Delphine Gény-Stephann, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, a visité ce lundi pendant une petite heure la start-up Baracoda, un incubateur et un groupe industriel français qui conçoit des objets connectés et des services destinés à la prévention. Une société en « plein dans la stratégie du gouvernement », précise Agnès Buzyn.

Il y a quatre ans, Thomas Serval a pris le pari de la prévention bucco-dentaire en montant la start-up Kolibree, spécialisée dans la brosse à dents connectée. Le projet paraît fou. Et pourtant dès 2014, le président et fondateur de la marque kolibree gagne le prix du CES de Las Vegas (salon de l'électronique grand public). Aujourd'hui, dans ses locaux des Hauts-de-Seine, ils sont une trentaine de salariés à travailler à temps plein dans l'open space et 150 dans tout l'incubateur. 

La visite des ministres est un signal fort pour ses start-upers. « On passe du stade de start-up un peu dans son coin, au stade où le gouvernement s'y intéresse et se rend compte que la solution n'est pas un gadget, qu'elle aide à atteindre des objectifs de prévention », souligne Léonie Williamson, de Kolibree.

Peu d'études cliniques en prévention 

Plusieurs études et partenariats scientifiques s'attellent à prouver l'efficience de la prévention. Ainsi, l'hôpital Necker de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a noué un partenariat avec Kolibree pour évaluer l'état bucco-dentaire en période préopératoire d'une gingivoplastie dans le traitement primaire des fentes labiopalatines. « Un groupe d'enfants utilise la brosse à dents avant l'opération, l'autre non. Nous sommes à mi-chemin de l'inclusion. Les résultats sont encourageants », explique le Dr Roman Khonsari, chirurgien maxillo-facial à Necker et coresponsable de l'étude. Une étude saluée par Agnès Buzyn qui a ajouté que « peu d'études cliniques sont réalisées en prévention ».

Pour le Dr Khonsari, le Pr Buzyn a montré une réelle curiosité pour l'étude et l'intégration de la prévention dans le parcours de soins. « J'ai eu l'impression qu'ils avaient un réel intérêt. La ministre savait de quoi elle parlait. C'est pertinent ! », précise-t-il.

Pour autant, la ministre de la Santé a affirmé que le remboursement des objets connectés en prévention n'était pas à l'ordre du jour. Des discussions avec l'assurance-maladie sont ouvertes pour le remboursement des objets connectés pour les soins curatifs. Toutefois avant de prescrire ces objets connectés, l'efficacité devra être prouvée. 


Source : lequotidiendumedecin.fr