Mineurs non accompagnés : MSF ouvre un centre d'accueil à Pantin en région parisienne
Brève

Mineurs non accompagnés : MSF ouvre un centre d'accueil à Pantin en région parisienne

Coline Garré
| 29.11.2017

Médecins sans frontières (MSF) ouvrira le 5 décembre à Pantin un centre d'accueil et d'orientation médical et administratif pour les mineurs non accompagnés (MNA). Organisé en quatre pôles, juridique, soins somatiques, santé mentale, et vie sociale, avec l'appui des plusieurs associations (ADJIE, Safe Passage, Comede, avocats du barreau de Paris et de Seine Saint-Denis) ce centre, d'un coût de fonctionnement de 800 000 euros par an, accueillera en journée 50 jeunes, primo-arrivants, en transit, ou déboutés de leur reconnaissance de minorité.

« Notre volonté est de les prendre en charge pour qu'ils puissent comprendre leurs droits, faire un recours devant le juge pour enfants s'ils le souhaitent et avoir accès aux soins dans des conditions sereines et stables », explique Corinne Torre, cheffe de mission France MSF.

Ces mineurs isolés seraient 25 000 en France en 2017, selon l'Inspection générale des affaires sociales, contre 13 000 l'an dernier. La prise en charge, complexe, de ces mineurs, est effectuée par l'aide sociale à l'enfance (ASE) qui ne pose aucune condition de nationalité, mais est saturée dans plusieurs départements.

L'évaluation de l'âge, parfois à l'aide de méthodes (tests osseux) contestée par les associations et les médecins, est donc un enjeu crucial. Les jeunes reconnus comme majeurs qui contestent la décision en justice peuvent attendre jusqu'à 14 mois et « devraient être traités comme des mineurs jusqu'à la fin de la procédure sinon, ils ne bénéficient plus d'aucune aide », selon Corinne Torre.

« C'est une des raisons pour lesquels nous voulions ouvrir ce centre. La protection inconditionnelle de ces jeunes au titre de l'enfance en danger tout comme la présomption de minorité ne doivent plus être bafouées », déclare la responsable de MSF.

Du côté des autorités, le Premier ministre Édouard Philippe s'était engagé fin octobre à ce que l'État « assume l'évaluation de l'âge et l'hébergement d'urgence » de ces MNA « jusqu'à ce que leur minorité soit confirmée ». L'UNICEF appelait à la vigilance, pour que « ce transfert de compétences n'entraîne pas de discriminations entre enfants français et enfants étrangers ». 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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