Les autotests VIH, plébiscités par les jeunes homosexuels les plus à risque

Les autotests VIH, plébiscités par les jeunes homosexuels les plus à risque

Damien Coulomb
| 27.11.2018

Autorisés depuis septembre 2015, les autotests VIH ont été distribués à plus de 300 000 exemplaires, selon des chiffres communiqués par les distributeurs AAZ qui ne prennent pas en compte les ventes du nouvel autotest à 10 euros Exacto, commercialisé depuis juillet dernier par Biosynex. Une question reste en suspens : qui sont les utilisateurs de ce nouveau mode de dépistage ? Selon les résultats de l'enquête ERAS (réalisés entre février et mars 2017), publiés ce mardi dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), l'autotest est plébiscité par une population d'hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH) jeunes, connectés et multipartenaires.

Au global, ce sont près de 8 000 HSH dépisté au cours des 12 derniers mois qui ont répondu au questionnaire. Jeunes (30 ans en médiane), ils sont dans l'ensemble très majoritairement des hommes nés en France (93 %), qui s'identifient comme des homosexuels (80 %). Ils sont sexuellement actifs (94 %) et multipartenaires, rapportant 3 partenaires en médiane dans les 6 derniers mois. Pour près de 6 hommes sur 10, le dernier rapport sexuel n'avait fait l'objet d'aucune protection. Ils entrent donc clairement dans la catégorie des groupes à risque de contamination par le VIH.

Au sein de ce groupe, seuls 5 % des HSH sexuellement actifs ont fait le choix de l'autotest. Le taux de recours à l'autotest est le plus élevé chez les plus jeunes de 18 à 19 ans : 7,4 %. Les auteurs supposent que pour beaucoup d'entre eux, il s'agissait d'u premier dépistage.

Le taux diminue progressivement avec l'âge (3,9 % chez les 45 ans et plus). Les auteurs notent un intérêt particulier pour les autotests chez les habitués des applications et sites de rencontre, puisque 5,9 % de ces derniers ont eu recours à un autotest contre 4 % de ceux qui n'utilisent pas les applications de rencontre. Le nombre de partenaire est également un marqueur significatif : 5,5 % des multipartenaires contre 3,3 % des monopartenaires.

Des utilisateurs non satisfaits des tests habituels

Un détail important : une part importante des personnes qui se dépistent peu (moins d'un test par an) a eu recours à l'autotest. Cette dernière donnée semble confirmer les affirmations des enquêtes du fabricant, selon lesquelles les autotests ont attiré une population à risque qui ne s'adressait pas aux structures de dépistage classique. Les HSH qui considéraient que les services spécialisés ne prennent pas mieux en compte la santé des homosexuels étaient sensiblement plus nombreux à avoir utilisé un autotest : 6,2 % contre 4,8 % de ceux qui estiment que la prise en charge s'est améliorée dans les services spécialisés.

« Ces résultats plaident pour une disponibilité plus large incluant la distribution secondaire », concluent les auteurs. Cette dernière consiste en une redistribution de l'autotest aux partenaires sexuels de l'acheteur. L'autonomie, la confidentialité et la disponibilité d'un résultat immédiat sont les avantages le plus souvent mis en avant, par les utilisateurs.

Rappelons que le résultat d'un autotest n'a pas valeur de diagnostic, pas plus que celui d'un test rapide d'orientation diagnostic (TROD) et doit être confirmé par un test conventionnel de type Elisa.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

A la une

add
Live chat du « Quotidien » - Légalisation du cannabis thérapeutique : quelles modalités ? Posez vos questions au Dr Jean-Michel Delile (Fédération Addiction)-0

Live chat du « Quotidien »Légalisation du cannabis thérapeutique : quelles modalités ? Posez vos questions au Dr Jean-Michel Delile (Fédération Addiction)

Le 26 juin prochain, le comité scientifique de l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) va remettre ses préconisations sur l'usage du cannabis thérapeutique en France, dans un cadre...

La supplémentation en vitamine D non efficace en prévention cardiovasculaire

vit d

La prise de vitamine D ne procurerait finalement pas d'effet cardioprotecteur, selon une vaste métaanalyse publiée dans le « JAMA ». Le... 2

Envoyer des patients en bus aux urgences ? La nouvelle idée du maire d'Ychoux pour alerter sur la pénurie médicale

Marc Ducom

C'est un édile qui ne manque pas d'idées provocatrices pour alerter sur les dangers de la pénurie médicale : fin 2018, Marc Ducom, le maire... 20

Rupture d'égalité aux ECNi : les candidats ont recomposé sur un dossier clinique progressif, émoi sur les réseaux

ecni

Les épreuves classantes nationales informatisées (ECNi) sont-elles des examens maudits ?  Un dossier clinique progressif (DCP) a été... 3

Changement de cotation de la cataracte : les anesthésistes libéraux crient à l'amputation de leurs honoraires

cataracte

Le Syndicat national des anesthésistes réanimateurs de France (SNARF) dénonce une modification pénalisante de la cotation CCAM de la... 8

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter