Troubles du spectre autistique : les pistes des députés pour faire appliquer les recommandations de la HAS

Troubles du spectre autistique : les pistes des députés pour faire appliquer les recommandations de la HAS

Coline Garré
| 06.06.2018
  • HAS

Il existe des moyens pour s'assurer que les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) sont appliquées, a assuré Daniel Fasquelle (député LR, Pas-de-Calais), lors de la présentation devant ses pairs du rapport du comité d'évaluation et de contrôle (CEC), portant sur l'évaluation de la prise en charge de l'autisme, ce 6 juin. 

« Il y a la prise de conscience que les recommandations de la HAS de 2012 (qui déconseillaient les pratiques psychanalytiques, la psychothérapie institutionnelle et le packing, N.D.L.R.) doivent s'appliquer sur le terrain, il y a une demande des familles. Mais le problème aujourd'hui, c'est la formation des professionnels ; ceux qui savent appliquer les recommandations manquent », a-t-il déclaré. Pour rappel, Daniel Fasquelle s'était attiré les foudres des psychiatres mais aussi de nombreux parlementaires en tentant de faire adopter début 2017, une résolution selon laquelle la France « renoncerait officiellement au packing, à la psychanalyse, et à toutes les approches maltraitantes ».

Le rapport co-écrit avec la députée Nathalie Sarles (LaRem, Loire) invite à repenser les formations initiales et continues des professionnels de santé, des travailleurs sociaux, des professionnels de la petite enfance et des accompagnants des élèves. Des modules relatifs aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC) doivent être inclus dans les formations initiales des professions de santé, lit-on.

Pour s'assurer de la traduction concrète des recommandations (la HAS a depuis publié deux autres guides, sur la prise en charge des adultes et le repérage chez les enfants), il propose que leur respect soit l'un des critères de la certification des établissements de santé (d'ici à 2020) – notamment ceux spécialisés en santé mentale et en pédopsychiatrie – et que des référentiels de bonnes pratiques soient opposables aux professionnels (surtout dans le médico-social).

« Pour tous les professionnels, centres, et établissements de santé qui demandent de l'argent public, l'État est autorisé à poser comme condition le respect de ces recommandations », a insisté Daniel Fasquelle. « Elles doivent devenir un socle de compétences partagées » a repris Nathalie Sarles. « Il y a encore des moyens mal utilisés, de l'argent public qui va à des formations qui partent du postulat que l'autisme est une psychose et que la psychanalyse est une solution. Ça n'est plus possible », a enchéri le député Fasquelle. 

Autre proposition : les députés suggèrent d'élaborer deux annuaires : le premier recenserait les formations pro-HAS, insuffisantes, à leurs yeux. Le second, à destination des familles, regrouperait tous les libéraux et établissements certifiés (ou apportant la preuve de leurs bonnes pratiques).

Soutien à la stratégie nationale pour l'autisme

Les députés ont affiché leur soutien à la stratégie nationale pour l'autisme présentée le 6 avril dernier, et indiqué que leur rapport – qui reprend les conclusions de celui de la Cour des Comptes de décembre 2016 qu'ils avaient commandé – vient en complément de ce 4plan. « Notre rôle est d'évaluer, d'aller plus loin », a résumé Nathalie Sarles. 

Ils alertent ainsi sur les délais trop importants en termes de repérage, dépistage, et diagnostic, prônent une réorganisation de la prise en charge précoce, dénoncent le cloisonnement entre le sanitaire et le médico-social responsable de ruptures dans les parcours, déplorent la faible inclusion scolaire et l'exclusion des autistes du monde du travail et du logement. 

Institut national de l'autisme ? 

Si leurs 31 propositions recoupent en grande partie les mesures prévues dans la stratégie nationale, les députés donnent quelques coups de projecteurs différents. Notamment sur le soutien aux associations formant bénévoles et aidants, qui doit perdurer, même si l'État fait de son côté des efforts pour diminuer le reste à charge. Les rapporteurs proposent en outre de faire du groupement d'intérêt scientifique prévu par la stratégie, pour coordonner la recherche sur l'autisme, un Institut semblable à l'Institut national du cancer (INCa) afin de gagner en visibilité. Enfin, le groupe de travail de l'Assemblée nationale sur l'autisme, qui existe depuis 2011, devrait travailler au suivi des progrès réalisé dans cette politique, au niveau national, comme au niveau local, grâce aux remontées des circonscriptions.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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