Se préparer aux canicules à venir : les vagues de chaleur continueront, redoute le « BEH »

Se préparer aux canicules à venir : les vagues de chaleur continueront, redoute le « BEH »

Fabienne Rigal
| 05.06.2018
  • canicule

Le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » cherche cette semaine à mieux « comprendre et prévenir les impacts sanitaires de la chaleur dans un contexte de changement climatique ». Revenant sur les différents épisodes de chaleur survenus ces dernières années, évalués grâce au Plan national canicule (PNC) mis en place après l’épisode caniculaire de 2003, le « BEH » fait le bilan des pics de chaleur et de la surmortalité associée en France.

Le Pr Jean-Louis San Marco s’interroge d’abord dans un éditorial sur les façons de se préparer aux canicules à venir. « Si nous voulons gagner nos prochaines batailles contre une chaleur excessive, il faudra recenser et protéger les personnes les plus vulnérables, les déplacer vers des logements plus frais si c’est possible, sinon refroidir leur lieu de vie ou enfin leur fournir un soutien extérieur pendant les heures chaudes, tout au long de l’épisode caniculaire. Ces trois solutions sont toutes difficiles à mettre sur pied, à des titres divers. Mais elles sont la clé de nos succès à venir. »

La chaleur continuera de monter

Le PNC a permis de décrire la surmortalité observée pendant les vagues de chaleur après 2003. Un premier article, portant sur l’évolution des vagues de chaleur et de la mortalité associée en France entre 2004 et 2014 montre ainsi que « 196 vagues de chaleur ont été identifiées au niveau départemental. Une surmortalité de moins de 10 % a été observée pour la majorité d’entre elles. Toutefois, une surmortalité de près de 40 % a été relevée pour certaines vagues de chaleur, et l’impact total est important : 1 562 décès en excès sur l’ensemble des périodes de dépassement des seuils, la majorité de ces décès en excès ayant été observée en 2006. Aucune surmortalité supérieure à 50 % n’a été relevée. »

Les auteurs évaluent aussi une augmentation des vagues de chaleur à l’avenir, avec, en moyenne à l’horizon 2021-2050 :
–  près d’une vague de chaleur par an ;
–  un épisode au moins aussi sévère qu’en 2015 tous les trois ans ;
–  une vague de chaleur au moins aussi sévère qu’en 2006 tous les huit ans ;
–  une vague de chaleur au moins aussi sévère qu’en 2003 tous les quinze ans.


Et à l’horizon 2050-2100 :
–  presque trois vagues de chaleur par an ;
–  presque deux épisodes au moins aussi sévères qu’en 2015 par an ;
–  une vague de chaleur au moins aussi sévère qu’en 2006 tous les ans ;
–  une vague de chaleur au moins aussi sévère qu’en 2003 plus d’une année sur deux.

D’où la nécessité « d’inscrire la prévention des impacts sanitaires (des vagues de chaleur, N.D.L.R.) dans une démarche plus large d’adaptation au changement climatique », indiquent les auteurs.

Des épisodes qui débutent plus tôt, finissent plus tard, et atteignent des records

Dans un deuxième article, le « BEH » s’est penché sur les enseignements de la surveillance sanitaire des impacts des vagues de chaleur de 2015 à 2017 en France et donne le bilan de la surveillance des 17 vagues de chaleur survenues à cette période. La surmortalité estimée, par comparaison aux années précédentes, dans les départements et pendant les périodes concernées est de 18 % en 2015, 13 % en 2016 et 5 % en 2017.

« Les vagues de chaleur ayant démarré en juin 2015 et 2017 semblent se caractériser par un recours plus important aux soins d’urgences pour pathologies liées à la chaleur chez les moins de 75 ans, avec des expositions possibles en milieux scolaires et professionnels », énoncent les auteurs, qui soulignent aussi que « ces étés présentent certaines caractéristiques nouvelles, avec notamment des vagues de chaleur en juin et en septembre », mais aussi des températures ayant battu localement des records (notamment en Corse en 2017 et dans le Grand Est en 2015). Ils précisent aussi « une méconnaissance de l’impact sanitaire des canicules en dehors de 2003, pouvant conduire à une impression de maîtrise du risque. »

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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