Une quatrième année pour le DES de médecine générale ? Les internes pas fans !

Une quatrième année pour le DES de médecine générale ? Les internes pas fans !

Sophie Martos
| 31.05.2018
  • DES

    Une quatrième année pour le DES de médecine générale ? Les internes pas fans !

La mise en place d'une éventuelle quatrième année pour le diplôme d'études spécialisées (DES) de médecine générale divise fortement les internes de cette spécialité, selon un sondage* réalisé par l'Intersyndicale nationale des internes (ISNI) que révèle « le Quotidien » en exclusivité.

Sur 664 étudiants de 3e cycle de médecine générale ayant répondu, 39 % y sont fermement opposés, 39 % soutiennent l'idée uniquement si la quatrième année d'internat est optionnelle et seuls 22 % approuvent cet allongement sans condition.

Dans le cas d'un passage à quatre ans, les internes réclament souplesse et flexibilité. Ainsi, 46 % des sondés sollicitent un format innovant avec « trois jours en cabinet de médecine générale ambulatoire et un jour en consultation dans une spécialité », peut-on lire. En cas de cadre plus prescriptif, plus un tiers des internes souhaitent une année complète en « autonomie supervisée » dans un cabinet de ville. Soucieux de garder l'initiative, 30 % des répondants se prononcent pour un « semestre libre » en complément d'un semestre en cabinet. Et 20 % des internes seraient séduits par une année entière au format libre !

En revanche, l'obligation de réaliser un stage hospitalier en plus du semestre ambulatoire est balayée (seuls 10 % des internes valident cette option). « L'année supplémentaire devra être souple pour laisser aux internes la possibilité d'adapter leur projet professionnel », insiste Jean-Baptiste Bonnet, président de l'ISNI.

Le SASPAS incontournable  

Autre volet abordé : les modalités du stage ambulatoire en soins primaires en autonomie supervisée (SASPAS). Avec la réforme du troisième cycle, il est devenu obligatoire dans la nouvelle maquette de médecine générale. Globalement, sept internes sur dix jugent que c'est un très bon format d'apprentissage, qui doit être obligatoire. À condition d'avoir une vraie application du SASPAS. « Beaucoup de régions vont avoir du mal à le mettre en place en raison du manque de maîtres de stage des universités », rappelle justement le chef de file de l'ISNI.

Autre résultat : les jeunes souhaitent, là encore, davantage de souplesse dans l'organisation du SASPAS. Actuellement, c'est un format de six mois chez le praticien. Mais plus de la moitié des sondés estiment qu'une partie du stage devrait être effectuée dans une autre spécialité (dermatologie, endocrinologie, gynécologie…). « C'est une part substantielle de leur pratique. Il y a une volonté de mettre une autre coloration à leur internat », précise Jean-Baptiste Bonnet. Autre requête : près des deux tiers des internes voudraient aussi découvrir d'autres formes d'exercice à la faveur de ce stage ambulatoire (maison de santé, HAD, santé dans les prisons…).

En revanche, l'ajout d'un stage de psychiatrie, suggérée par Agnès Buzyn, est loin de faire le plein. 44 % des participants sont contre. La réalisation de ce stage doit être optionnelle et dépendre du projet professionnel.

Si cette formation à la psychiatrie est imposée, les internes de médecine générale optent majoritairement pour une journée de consultation de psychiatrie par semaine (intégrée au stage de SASPAS). « Il ressort des commentaires une vive inquiétude sur la place de l'interne de médecine générale au sein d'un stage hospitalier de psychiatrie : risque de cantonnement de l'interne à un rôle de somaticien plutôt qu'un apprentissage du soin en santé mentale », lit-on dans l'enquête de l'ISNI.

L'intéressement aux revenus du cabinet fait recette

Quelle rémunération faut-il privilégier pour les internes dans l'optique d'une quatrième année ambulatoire en autonomie ? Les jeunes sont partagés : 54 % des sondés veulent une part d'intéressement aux revenus du cabinet tandis que 46 % préfèrent un salaire fixe (majoré). Les internes refusent en revanche que cette quatrième année devienne une année de « remplacement déguisée ». « Et en aucun cas, la mise en place d'une quatrième année ne devra s'apparenter à une précarisation des internes. Elle devra être valorisée », rappelle le patron de l'ISNI.

Sondage réalisé auprès de 664 internes de médecine générale courant avril 2018 par un questionnaire en ligne 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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