À Nantes, les « sans-culottes » des maisons de santé veulent passer à la vitesse supérieure

À Nantes, les « sans-culottes » des maisons de santé veulent passer à la vitesse supérieure

Loan Tranthimy
| 09.03.2018
  • maison de sante

À Nantes, les maisons de santé veulent faire la révolution des soins primaires. Réunis aujourd'hui et demain aux 7es Journées nationales de la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS), les 1 000 représentants des structures pluriprofessionnelles ont fait la démonstration de leur force.

« C’est bien une révolution des soins primaires conduite par les sans-culottes, ceux qui ont parfois été oubliés dans les villes et les campagnes, sans baïonnettes, sans éclats mais avec une profonde envie de faire différemment et mieux », a déclaré le Dr Pascal Gendry, président de la FFMPS. Selon le dernier décompte de la DGOS (ministère), 1 031 maisons de santé sont ouvertes et 337 en projets. Et cela ne va pas s’arrêter. Conformément aux promesses de campagne d'Emmanuel Macron, le plan d'accès aux soins prévoit le doublement de ces structures d'ici à 2022.

Le financement des structures perfectible pour la CNAM

« Pour garantir l’accès aux soins, nous devons aller plus loin, par exemple vers la prise en charge des soins non programmés ou des démarches d'évaluation de nos pratiques », a harangué le généraliste installé dans un pôle de santé à Renazé (Mayenne). Mais ces évolutions ne sont pas sans difficultés de formation, d’appropriation et d’utilisation des logiciels partagés et labellisés. Ça pèche aussi par l'absence d'indicateurs de qualité pour analyser les données.

Pour le président de la FFMPS, cela nécessite un accompagnement tant méthodologique que financier. Dans un court message vidéo diffusé à l'attention des congressistes, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a justement annoncé la mise en place des guichets uniques d’information et d’orientation (mesure prévue dans le plan d'accès aux soins), accessibles dans les prochains mois. « Ils répondront à une demande forte pour l’ensemble des problématiques correspondant aux différentes étapes d’exercice du professionnel, dans les maisons de santé et au-delà », a-t-elle dit. 

Concernant la problématique du financement, c’est Nicolas Revel, directeur général de l'UNCAM (Union nationale des caisses d'assurance-maladie), qui s’y est collé. L’exercice coordonné est depuis peu financé de façon pérenne par l’assurance-maladie via l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI), signé en avril 2017. Or, à ce jour, 55 % seulement des équipes ont signé cette convention, soit 538 structures. « C’est perfectible », a reconnu Nicolas Revel devant une salle bondée. « Ce dispositif a vocation à bouger et à s’inscrire dans une logique d’adaptation, sans céder à la facilité », a-t-il ajouté.

Pas de big bang de la rémunération

En bon communicant, le patron de l'assurance-maladie (CNAM) a rappelé deux mesures importantes de l’ACI pour susciter l’envie chez les professionnels : un versement minimum de 20 000 euros pour garantir le financement de la structure pour la première année et un soutien financier accru aux maisons de santé qui accueille des spécialistes, prêts à venir quelques jours par mois et par an pour assurer des soins non programmés.

Nicolas Revel a également rappelé l’importance de l’article 51 de la loi de financement de la Sécu 2018, à l'origine de la création du fonds pour l'innovation organisationnelle. « Je ne crois pas au big bang du mode de rémunération […]. La tarification à l’acte entretient le cloisonnement et la course au volume. Il faut faire émerger des modes de rémunération. L’article 51 permettra de libérer les initiatives et proposer des modes d'organisation et de rémunération qui ouvrent les champs du possible », a-t-il conclu. 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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