Prévention, diagnostic, ETP : la prise en charge de la BPCO à bout de souffle

Prévention, diagnostic, ETP : la prise en charge de la BPCO à bout de souffle

David Bilhaut
| 15.11.2017
  • BPCO femme

    Prévention, diagnostic, ETP : la prise en charge de la BPCO à bout de souffle

« La BPCO, c’est 3,5 millions de personnes en France et près de 18 000 décès par an pour une maladie évitable. Pourtant, elle reste la parente pauvre des maladies chroniques et ces quatre lettres demeurent méconnues du grand public, parfois même des soignants et des politiques », constate le Dr Frédéric Le Guillou, président de l’Association BPCO. Tandis que le tabac constitue le premier facteur de risque lié à cette pathologie, « la prévention est la réponse obligée » pour arrêter l’hécatombe, a-t-il insisté lors des Dixièmes Rencontres de l’association au Sénat.

« Mais sans financement, la cause est perdue d’avance », a-t-il prévenu. Alors que deux décès pour insuffisance respiratoire sur trois sont attribuables à la cigarette, « la question du tabac n’est pas aujourd’hui traitée à la hauteur des enjeux », a déclaré Agnès Buzyn, en ouverture du colloque. Outre les récentes hausses du tabac incluses dans le PLFSS 2018, la ministre de la Santé entend agir en particulier sur le tabagisme des jeunes, 250 000 adolescents entrant chaque année en France dans une consommation chronique de tabac. Selon une enquête NXA réalisée pour l’Association BPCO auprès de 1 040 jeunes de 15 à 25 ans, 40 % sont fumeurs et, parmi eux, 27 % fument tous les jours. « Pour parler de prévention, encore faut-il connaître parfaitement la cible, ses croyances comme ses comportements mais aussi la dimension psychoactive du tabac, en particulier chez ces jeunes », souligne le Dr Le Guillou. L’enquête NXA témoigne du peu d’impact des actions de sensibilisation sur les jeunes fumeurs, 62 % se déclarant insensibles aux messages des campagnes qui leur sont destinées.

Diagnostics tardifs

« Entre 6 et 8 % de Français de plus de 40 ans ont une BPCO. Parmi les malades, 40 % sont en invalidité ou en congé de longue durée et 100 000 sous supplémentation en oxygène », évoque le Pr Dominique Valeyre, président de la Fédération française de pneumologie (FFP). « Si le diagnostic par spirométrie est très bien codifié, la BPCO reste sous-évaluée », poursuit-il. « Nous sommes diagnostiqués extrêmement tardivement, souvent aux stades 3 ou 4 sur 4, quand nous sommes déjà des invalides », témoigne Christiane Pochulu, patiente experte BPCO. Aux yeux du Pr Valeyre, une réflexion collective est nécessaire pour qu’un véritable parcours de soins se développe enfin dans le champ de la BPCO. « On ne peut pas accepter que seulement 30 % des patients soient aujourd’hui traités correctement », martèle le président de la FFP.

Hospitalisations évitables

« Le nombre d’hospitalisations liées à la BPCO se situe chaque année entre 100 000 et 160 000. Bien sûr, une partie d’entre elles peut être évitée par une prise en charge mieux adaptée aux stades de sévérités de la maladie », abonde Agnès Buzyn. « À ce titre, le rôle des médecins généralistes, des pneumologues, des structures locales et des réseaux de santé sont essentiels dans le suivi des patients », note la ministre. « Nous avons aussi tous à cœur par l’éducation thérapeutique de remettre le patient en position d’acteur. De nouveaux modes de prises en charge pluriprofessionnelles doivent compléter les programmes d’ETP qu’autorisent les ARS. Dans le cadre de la transformation numérique en santé, l’ETP en ligne personnalisera mieux la démarche et facilitera son accès », ajoute Agnès Buzyn. Des avancées dans ce domaine seraient forcément les bienvenues. « Au regard du parcours du patient BPCO de la HAS, les deux moments d’ETP restent complètement anecdotiques dans la prise en charge », déplore Françoise Martin-Dupont, directrice du Centre d’éducation thérapeutique de Bordeaux Aquitaine (CETBA).


Un livre blanc

À l’occasion de la Journée mondiale contre la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), des associations de professionnels de santé et de patients* parmi lesquels l'association France BPCO, ont publié un Livre blanc appelant les pouvoirs publics à mettre en œuvre, au plus vite, un plan de lutte contre cette pathologie.

Outre la volonté de faire reconnaître cette pathologie comme « grande cause nationale de santé du quinquennat » à travers un plan BPCO 2018-2022, les propositions émises pas les associations impliquées dans cette campagne s’articulent autour de trois grands axes : sensibiliser pour mieux diagnostiquer et mieux soigner, réformer la prise en charge et renforcer l’accès aux thérapies actuelles et futures.

* L’association BPCO, la Fédération française des associations et amicales de malades Insuffisants ou handicapés respiratoires (FFAAIR), la Fédération française de pneumologie (FFP), la Fondation du souffle, la Société de pneumologie de langue française (SPLF).

Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 3 Commentaires
 
olish98 Médecin ou Interne 15.11.2017 à 23h50

Quand comprendra t'on qu'il faut mettre en place le suivi-accompagnement de première ligne qui seul permet le dépistage, la prévention, l'éducation thérapeutique et l'accompagnement réel des patients Lire la suite

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albert w Médecin ou Interne 15.11.2017 à 22h03

Encore faudrait-il que la politique antitabac soit réelle et sérieuse. Qui peut croire qu' une augmentation de 30 centimes par paquet soit dissuasive pour un fumeur.
Quand on sait le nombre de Lire la suite

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Michel G Médecin ou Interne 19.11.2017 à 19h34

CQFD!...Menons une réelle et musclée politique antitabac: d'abord en essayant coûte que coûte, d'harmoniser une réelle hausse substantielle du prix du paquet de cigarettes à l'échelon de l'Europe, Lire la suite

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