Un nouveau type de cellule-souches pour étudier les pathologies placentaires

Un nouveau type de cellule-souches pour étudier les pathologies placentaires

Damien Coulomb
| 12.10.2017

On connaissait les cellules-souches embryonnaires, on connaissait les cellules pluripotentes induites (IPS), il faudra maintenant composer avec une troisième catégorie : les cellules-souches potentielles expansées, ou EPSC. Pour la première fois, des chercheurs anglais du Welcome Trust, dirigés par le Dr Pentao Liu, ont décrit dans une lettre publiée dans « Nature » leur première tentative réussie d'extraction et de conservation dans un état indifférencié de ces cellules issues d'un embryon de souris à un stade très précoce.

« C'est un exploit technique », commente auprès du « Quotidien » Alexandra Benchoua, chercheuse de l’Institut des cellules-souches pour le traitement et l’étude des maladies monogéniques (I-Stem). « Quand on isole une cellule-souche, elle poursuit son développement et sa différenciation si on ne trouve pas les moyens de bloquer les bonnes voies de signalisation », explique-t-elle. C'est ce que les chercheurs anglais sont parvenus à faire.

Placenta et vésicule vitelline

Les cellules-souches embryonnaires classiques, prélevées au stade blastocyste entre le 7e et le 10e jour, sont capables de se différencier en cellules de la masse embryonnaire pour produire n'importe quel tissu embryonnaire. Les EPSC, prélevées lorsque l'embryon mesure 4 à 8 cellules, partagent cette capacité, mais peuvent de plus également servir à produire des tissus extra-embryonnaires : placenta et vésicule vitelline.

Les cellules EPSC constitueront un outil précieux pour les chercheurs travaillant sur les pathologies du développement et du placenta comme la prééclampsie. « Dans le domaine de la médecine reproductive, disposer d'un modèle expérimental de placenta permettra de trouver les moyens d'améliorer la qualité des implantations lors des procréations médicalement assistées, ajoute Alexandra Benchoua, et de comprendre pourquoi chez certaines femmes certains embryons ne s'accrochent pas après la différenciation entre masse embryonnaire et tissus extra-embryonnaires, ce qui provoque des avortements spontanés. »

Dans leur article, l'équipe de scientifiques explique ses tâtonnements successifs pour mettre au point le milieu de culture adéquat, capable de bloquer les voies de signalisation MAPK, Src et Wnt/Hippo/TNKS1/2. Ce milieu de culture « fait aussi régresser des cellules-souches embryonnaires classiques de blastocyste jusqu'à en faire des EPSC », se réjouit auprès du « Quotidien » le Dr Pentao Liu qui a dirigé les travaux. « Nous pourrons donc les produire sans avoir à gérer le problème éthique que représente l'utilisation d'embryon non implanté », précise-t-il.

Application à l'homme

La preuve de concept étant faite chez la souris, quid de l'application à l'homme ? « Nous pensons que ce principe est applicable à diverses espèces de mammifères dont les humains, affirme le Dr Pentao Liu. Nous avons déjà commencé la rédaction d'un protocole pour reproduire notre travail à partir de cellules embryonnaire humaines. »

Pour Alexandra Benchoua, l'application à l'homme reste encore à prouver, bien qu'elle note que « les voies de signalisations MAPK, Src et Wnt sont communes à la plupart des mammifères, y compris l'homme, mais il se peut qu'il y ait des mécanismes supplémentaires à inhiber pour parvenir au même résultat. »

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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