Logo nutritionnel : le ministère tranche en faveur du 5C recommandé dès le mois d'avril

Logo nutritionnel : le ministère tranche en faveur du 5C recommandé dès le mois d'avril

Damien Coulomb
| 15.03.2017
  • logo nutritionnel 5C

Dès le mois d'avril, un décret recommandera l'utilisation du logo nutritionnel Nutri-score à 5 couleurs, dit « 5C », aux industriels de l'agroalimentaire. Le ministère des Affaires sociales et de la Santé a fait cette annonce ce mercredi matin, après que le Fond français pour l'alimentation et la santé (FFAS) lui a communiqué les résultats de son expérimentation menée sur 4 logos, deux synthétiques (Nutri-score et SENS) et deux analytiques (Nutri-repère et Traffic Lights). L'expérimentation a été menée dans 60 supermarchés situés dans 4 régions de France.

Les résultats détaillés devraient être publiés jeudi, après une présentation au comité de pilotage de l'étude, dont une réunion est prévue au ministère. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, donne tout de même dans son communiqué une idée assez précise de l'orientation des résultats.

« La première question […] était de savoir si, oui ou non, des systèmes d’étiquetage nutritionnel simplifié étaient susceptibles d’entraîner des modifications dans les comportements d’achat des consommateurs, la réponse est clairement oui. Trois des systèmes testés (Nutri-couleurs, Nutri-score et SENS) ont sans ambiguïté un effet positif au regard du critère qu’a retenu le comité scientifique, à savoir le score FSA ».

Le score FSA (Food Standart Agency) est un score de qualité nutritionnelle des aliments consommés individuellement. Les économistes de l'école d'économie de Toulouse ont calculé ce score en analysant les tickets de caisse collectés tout au long de l'expérimentation.

Une « supériorité nette » du Nutri-score

Les auteurs, cités par le communiqué du ministère, ajoutent que « la combinaison d’approches multiples explorées systématiquement (par catégories de produits, d’acheteurs, etc.) fait apparaître une supériorité d’ensemble assez nette pour Nutri-score ». Un avantage plus marqué lorsqu’on observe spécifiquement le comportement des consommateurs qui achètent les produits les moins chers.

La décision de la ministre s'appuie de plus sur les résultats d'une étude menée du 21 novembre 2016 au 12 décembre 2016, par le laboratoire d'économie appliquée dirigé par le professeur d'économie Bernard Ruffieux. Les chercheurs ont mesuré l'impact de l'apposition de 5 systèmes d'étiquetage nutritionnel alternatifs dans un mini-magasin expérimental.

Les 809 participants étaient répartis en 7 groupes, un pour chaque logo nutritionnel et 2 groupes contrôle. Les participants constituaient successivement deux paniers pour 48h de consommation : un premier sans logos et un second avec un logo (ou de nouveau sans logo dans le cas des deux groupes contrôle).

D'un panier à l'autre, les volontaires du groupe Nutri-score amélioraient significativement de 9,3 % le FSA de leur panier, contre 2,9 à 6,6 % avec les autres logos. Il n'y avait aucune différence entre le premier et le second panier des groupes contrôle.

Un logo salué, mais sera-t-il appliqué ?

La décision ministérielle a été saluée par plusieurs personnalités, à commencer par l'épidémiologiste Serge Hercberg, ancien président du programme national nutrition santé, et promoteur du logo 5C. « C'est une décision importante dans un contexte où les lobbies sont très actifs, affirme-t-il au « Quotidien ». Il reste maintenant à espérer que les industriels respecteront la règle du jeu qu'ils ont imposé en demandant cette expérimentation ».

Le ministère ne peut en effet formuler qu'une recommandation que les industriels ne sont pas tenus de suivre, conformément au règlement européen INCO. « J'invite donc la ministre à faire tout son possible au niveau européen pour mettre le sujet sur la table », réagit pour sa part la députée Europe Écologie Les Verts, Michèle Rivasi.

Les marques Pepsi, Coca-Cola, Mars, Unilever et Nestlé ont déjà affirmé travailler au développement de leur propre logo analytique, proposant pour chaque catégorie de nutriments un nombre de portions recommandé pour une période de temps donnée. « Ce système ne disposera pas de la base scientifique du logo 5C, note le Pr Hercberg. J'espère que les consommateurs et les associations ne se laisseront pas faire. »

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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