Congrès de la Société française de pédiatrie - Le rein du bébé a bon appétit

Congrès de la Société française de pédiatrieLe rein du bébé a bon appétit

06.09.2016
Congrès de la Société française de pédiatrie – Lille

La nutrition avant ou après la naissance joue un rôle déterminant sur le développement du rein et les fonctions rénales. Farid Boubred (Marseille) a fait le point au congrès de la Société française de pédiatrie.
  • Congrès de la Société française de pédiatrie - Le rein du bébé a bon appétit-1

Un déficit néphronique, acquis dès la naissance ou durant la période néonatale chez l’enfant prématuré, prédispose au développement de maladies cardio-vasculaires et rénales à long terme.
Chez l’homme, le nombre définitif de néphrons acquis à la naissance varie entre 250 000 et 1,5 million. Grande variabilité qui résulte de facteurs génétiques et environnementaux.
Chez l’enfant prématuré, la néphrogenèse est affectée par un environnement néonatal inapproprié. Des études sur l’évolution du volume rénal suggèrent une altération du développement rénal chez les enfants prématurés, en particulier ceux nés avec un retard de croissance intra-utérin.

Nutrition fœtale

Chez l’animal comme chez l’homme, une hypotrophie à la naissance est associée à un déficit néphronique de 30 %.
Un régime maternel restrictif (protéique ou global), un déficit maternel en micronutriments (vitamine A, zinc) altèrent la néphrogenèse et induisent un déficit néphronique de 20 à 50 % chez le fœtus.

Nutrition postnatale

Dans certaines espèces animales, la nutrition néonatale influence le nombre final de néphrons : chez le rat, une restriction nutritionnelle globale néonatale (portée importante) induit un déficit néphronique alors qu’une suralimentation (réduction de la portée) augmente de 25 % le nombre final de néphrons.
Chez l’enfant prématuré, on manque de données sur les effets de la nutrition néonatale sur le développement rénal.
Cela dit, une restriction de croissance extra-utérine néonatale semble associée à une dysfonction rénale à long terme par déficit néphronique.
Afin de limiter la restriction de croissance extra-utérine, des services de néonatalogie ont augmenté les apports protéiques. Des apports protéiques plus élevés sont probablement justifiés pour répondre au développement, en particulier, des reins.
Des travaux complémentaires sont nécessaires pout évaluer l’impact à court et long termes de la nutrition néonatale sur les fonctions et la structure rénales chez l’enfant prématuré.
 
Dr Emmanuel de Viel
Congrès de la Société française de pédiatrie, Lille. Communication de Farid Boubred (médecine et réanimation néonatale, hôpital de La Conception, AP-HM, Marseille).
Archives de Pédiatrie, mai 2016, vol. 23, hors série. www.sfpediatrie.com

 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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