Zika : la transmission sexuelle se confirme, premier cas français

Zika : la transmission sexuelle se confirme, premier cas français

Dr Lydia Archimède
| 29.02.2016
  • ZikaPhanie

Alors que la ministre de la Santé confirme le premier cas de transmission sexuelle du virus Zika en France, les centres américains de prévention et de contrôle des maladies (CDC) publient 6 cas d'une telle transmission.

Le cas français a été détecté chez un couple résidant en Ile-de-France. La femme qui « n'est pas enceinte » a, selon Marisol Touraine, « présenté des signes très classiques de la maladie » , elle « n'a pas été hospitalisée et se porte bien »

Six cas aux États-Unis

Si la France enregistre son premier cas depuis le début de l'épidémie en Amérique latine, les États-Unis indiquent avoir reçu entre le 6 et le 22, 14 déclarations de cas suspects de transmission sexuelle du virus Zika. Parmi eux, 2 cas ont été confirmés, 4 sont des cas probables, 6 sont toujours sous investigation. Deux cas ont été exclus après enquête.

Pour les 6 cas confirmés ou probables, il s'agissait de personnes jeunes (âge moyen 22,5 ans) qui ont eu des rapports non protégés au moment où l'homme était encore symptomatique ou très peu de temps après la fin des symptômes. « Aucun cas de transmission sexuelle d'une femme à son partenaire masculin ou à partir d'une personne asymptomatique n'a jusqu'ici été rapporté », précise les CDC.

Les CDC donnent une description de 3 des 6 cas américains. Le premier cas de transmission a été identifié mi-janvier chez un homme ayant déclaré des symptômes d'infection par le virus Zika immédiatement après son retour des Caraïbes (fièvre, arthralgies, conjonctivite bilatérale, éruption maculo-papuleuse et prurigineuse). Les symptômes ont duré 6 jours et contrairement aux deux cas précédemment publiés aux États-Unis, l'homme n'a pas présenté d'hématospermie ni de prostatite. Le rapport non protégé est survenu le premier ou deuxième jour de la maladie. Sa partenaire a développé les symptômes 13-14 jours après ce rapport. L'infection par le virus Zika a été confirmée au laboratoire alors qu'elle n'avait pas voyagé et qu'une transmission via un moustique est peu probable.

Dans le deuxième, il s'agit d'un homme de retour mi-janvier d'Amérique centrale ayant présenté 3 jours plus tôt les symptômes d'une infection par le virus Zika qui ont persisté pendant 3 jours. Juste après son retour, il a des rapports sexuels non protégés avec sa compagne qui 10 jours plus tard présente les mêmes symptômes. L'infection est confirmée chez la femme. Elle n'était pas sortie des États-Unis et le moustique vecteur du Zika n'est pas présent dans la région où elle vit.

Dans ces deux cas, les résultats sérologiques sont en attente pour les partenaires masculins.

Plus fréquent que supposé jusqu'ici

Le troisième patient est retourné fin janvier aux États-Unis après 4 semaines en Amérique centrale. Le jour-même de son retour, il déclare des symptômes d'infection (fièvre, arthralgies, prurit généralisé, myalgie…). Pendant les 8 jours qui suivent, il a plusieurs rapports non protégés avec sa partenaire qui, 10 jours après le retour, présente les troubles suivants  : fièvre, éruption cutanée, prurit, arthralgies, douleurs oculaires, photophobies, céphalées, vomissements et myalgies. L'infection par le virus Zika est confirmée chez les deux patients. La femme n'avait pas voyagé et une transmission via un moustique était là aussi peu probable.

« Ces cas suggèrent que la transmission sexuelle est plus fréquente que ce qui était précédemment rapporté », soulignent les CDC.

Un cas italien diagnostiqué deux ans après

Le cas italien publié dans le bulletin « Eurosurveillance » semble illustrer le propos. Il s'agit d'un cas survenu en mai 2014 mais dont le diagnostic a été fait rétrospectivement en 2016. Un homme de 30 ans retourne à Florence en mai 2014, après un séjour de 10 jours en Thaïlande. À son retour, il présente des symptômes d'infection : fièvre, éruption cutanée de la face, du tronc, des bras et des jambes, conjonctivite céphalée et douleur rétro oculaire. Quatre jours après le début des symptômes, il est hospitalisé à Florence. Les sérologies sont négatives sauf des IgM positifs pour la dengue. Après 6 jours, les symptômes disparaissent. Il sort avec un diagnostic de dengue probable. Des mesures antivectorielles sont mises en place autour de chez lui.

Mais 19 jours après son retour, sa petite amie de 20 ans tombe malade : douleur diffuse, œdème du poignet et des doigts au niveau des 2 bras, éruption cutanée (tronc, bras, jambes), pas de fièvre. Elle est séronégative pour la dengue.

Les prélèvements sanguins des deux patients italiens sont adressés à l'Institut supérieur de la santé (ISS) à Rome. Les résultats ne sont pas concluants pour la dengue. En revanche, une nouvelle analyse sur les sérums conservés (avec l'autorisation des patients) est concluante pour le virus Zika. Celle-ci a été réalisée en février 2016 lorsque le test a été disponible. Une transmission sexuelle est fortement suspectée car la patiente n'avait pas voyagé et les mesures antivectorielles avaient été mises en place.

En France, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a émis un avis sur le risque de transmission par voie sexuelle et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé met à la disposition des médecins des fiches Repères pour la pratique. 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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