Médecins condamnés à plus d’un million d’euros  : quels sont ces dossiers exceptionnels ?

Médecins condamnés à plus d’un million d’euros  : quels sont ces dossiers exceptionnels ?

Anne Bayle-Iniguez
| 26.11.2015
  • Médecins condamnés à plus d’un million d’euros  : quels sont ces dossiers exceptionnels ?  - 1

En 2014, quatre obstétriciens, deux anesthésistes et un chirurgien orthopédiste assurés par la MACSF-Sou médical ont été condamnés devant les juridictions civiles à verser des indemnités supérieures à un million d’euros. « Le Quotidien » résume ces dossiers donnant lieu à des charges très lourdes, à retrouver également sur le site Internet de la MACSF.

• Enfant infirme après une souffrance fœtale et un retard de césarienne : 1,8 million d’euros

Un gynécologue obstétricien a laissé une parturiente sous le regard d’une sage-femme salariée de la clinique, sans surveillance médicale, pour procéder à un autre accouchement dans une salle voisine, alors que la première naissance était déjà mal engagée. À son retour, le médecin a tardé à pratiquer une césarienne. L’établissement est responsable à 20 %, l’obstétricien à 80 %. Aujourd’hui âgé de 13 ans, l’enfant est en centre médico-éducatif cinq jours par semaine.

• Décès d’une parturiente et naissance d’un enfant infirme : 1,5 million d’euros

Un gynécologue obstétricien a commis plusieurs fautes qui ont entraîné le décès d’une parturiente (à la suite d’une éclampsie) et la naissance d’une enfant infirme moteur et cérébral. Le médecin a mal jugé la gravité de la situation, a prescrit par téléphone un antihypertenseur inadapté, est arrivé tardivement à la clinique et a pratiqué trop tard une césarienne. La sage-femme salariée n’a pas contrôlé la tension artérielle de la parturiente et n’a pas analysé les urines. Le médecin est responsable à 70 % et la clinique à 30 %.

• Enfant infirme pour multiples fautes de l’équipe médicale : 1,5 million d’euros

Deux sages-femmes ont sous-estimé la gravité de la situation et n’ont pas fait appel au médecin malgré la bradycardie. Coupable de défaut de vigilance, l’obstétricien n’a pas choisi de pratiquer une césarienne.

L’anesthésiste n’a pas contrôlé la pression artérielle, n’a pas informé l’obstétricien alors que le travail devenait pathologique, est sorti de la salle de travail alors que la bradycardie était manifeste. La clinique est responsable à 50 %, l’obstétricien à 45 % et l’anesthésiste à 5 %.

• Paraplégie après une ponction lombaire : 1,3 million d’euros

Seul l’anesthésiste est en cause. Le médecin a commis une faute technique lors de la réalisation de la ponction lombaire. En découle une paraplégie des membres inférieurs dans les suites d’une compression du cône médullaire, du fait d’un hématome intra-spinal. Le radiologue ayant réalisé le scanner lombosacré la veille de l’apparition de la paraplégie est hors de cause.

• Enfant infirme pour mauvaises conditions d’accouchement : 1, 2 million d’euros

Arrivé tardivement, l’obstétricien n’a pas effectué de prélèvements bactériologiques. La clinique est également en tort à 40 % (défaut d’organisation de la sage-femme, oxygénation insuffisante, pédiatre contacté tardivement). En charge de la mère et non de l’enfant, l’anesthésiste s’en sort indemne.

• Infection nosocomiale post-fracture de la cheville : 1,1 million d’euros

Un jeune homme de 20 ans se retrouve avec une jambe gangrenée, menacée d’amputation après une fracture de la cheville et la pose d’une plaque, de vis, de broches et d’un plâtre au CHU. Les complications au déplâtrage (présence de staphylocoques, échec d’une greffe de peau) ont lieu en clinique. La responsabilité de cette dernière est engagée (50 %) ainsi que celle des deux chirurgiens libéraux intervenus dans l’établissement privé (25 % chacun).

• Paraplégie à la suite d’une péridurale : 1,1 million d’euros

L’anesthésiste qui a réalisé la péridurale n’est pas en faute pour maladresse mais pour manquement à son devoir d’information sur les risques et complications éventuels. Son confrère auteur de la consultation anesthésique est également responsable.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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