1 100 euros de reste à charge par aide auditive : les audioprothésistes épinglés par Que choisir

1 100 euros de reste à charge par aide auditive : les audioprothésistes épinglés par Que choisir

Coline Garré
| 28.09.2015
  • 1 100 euros de reste à charge par aide auditive : les audioprothésistes épinglés par Que choisir - 1

Après l’optique, l’association de consommateurs l’UFC-Que choisir s’attaque au marché des aides auditives, et dénonce un « scandale sanitaire ».

Le taux de renoncement à des audioprothèses pour raison financière atteint 58 %, selon une étude de l’association de consommateurs. Sur 6 millions de malentendants, 1,5 million sont équipés. Si d’aucuns refusent volontairement tout appareil, 2,1 millions de personnes en sont privées en raison d’un reste à charge « intolérable », selon le président de l’UFC Alain Bazot.

2,1 millions de malentendants renoncent à s’équiper

Sur un prix de vente de 1 550 euros, le patient doit payer de sa poche 1 099 euros, après remboursement de l’Assurance-maladie (120 euros) et de la complémentaire (330 euros en moyenne). Un malentendant doit donc prévoir 2 200 euros pour équiper ses deux oreilles.

Ces coûts sont d’autant plus inacceptables, selon l’association, qu’à la sortie de l’usine, une prothèse vaut 311 euros et que son passage par le grossiste ne coûte que 16 euros. Revendue 4,5 fois son prix, une audioprothèse permet donc une marge brute de 78 %, et nette de 15 à 18 % (contre 10 % en optique).

Rente de situation des audioprothésistes

L’UFC-Que choisir accuse les audioprothésistes d’organiser leur pénurie démographique. Ils sont aujourd’hui 3 091 alors qu’ils devraient être 7 150, estime l’association, pour répondre aux besoins d’une population vieillissante. Un numerus clausus fixé à 199 étudiants a été mis en place par un arrêté d’août 2015. Un contresens, pour l’association, qui demande au ministère de la Santé d’augmenter durablement le nombre de professionnels à former.

Selon l’UFC, ce statu quo permet aux audioprothésistes de s’assurer une rente « inadmissible », avec des coûts salariaux évalués à 530 euros par audioprothèse vendue (soit un tiers du prix de vente). « Les salaires des audioprothésistes, 4 000 à 4 500 euros brus mensuels pour un débutant, jusqu’à 7 000 euros pour un confirmé, sont proches de ceux des généralistes alors que les études ne durent que 3 ans », souligne Mathieu Escot, responsable des études.

Le remboursement de la Sécu en cause

La vente couplée de l’appareil et des prestations d’adaptation et de suivi (pas toujours bien honorées) est une deuxième explication au coût élevé des prothèses. L’UFC-Que choisir demande leur dissociation afin d’abaisser le ticket d’entrée et de faire la lumière sur le prix véritable de l’appareil. Si cette dissociation est rendue possible depuis la loi Macron adoptée en août, le remboursement de l’assurance-maladie ne suit pas et prévoit toujours un achat lié.

En troisième et dernier lieu, l’UFC-Que Choisir s’attaque aux liens d’intérêt entre fabricants, audioprothésistes, et médecins, qui orientent, dans 60 % des cas, les patients vers un audioprothésiste. En 2014, les 3 054 ORL en France ont perçu sur l’année 2,4 millions d’euros d’avantages en nature, sans compter les 3 272 conventions qui impliquent souvent des voyages à l’étranger, assure l’UFC en se basant sur les données de transparence.sante.gouv.fr. 40 % de ces avantages proviennent des audioprothésistes, 20 % des fabricants.

Un rapport à charge selon les audioprothésistes

L’association demande enfin que soient rendus publics les liens entre fabricants et audioprothésistes, les premiers prenant le contrôle d’enseignes de distribution ou jouant à l’égard des seconds un rôle de créancier.

En réponse, le Syndicat national des audioprothésistes (UNSAF) dénonce un rapport « biaisé et à charge », niant ses efforts pour diminuer les coûts, alors que les tarifs des remboursements adultes n’ont pas été revus depuis 1986. Le salaire constaté des audioprothésistes débutants est de 2 200 euros, y compris à Paris, ajoute l’organisation.

Une « dérégulation sauvage » ne profiterait « sûrement pas aux patients », assure l’UNSAF : « En matière de santé , trop de concurrence fait baisser la qualité et non les prix », affirme le syndicat.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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