Alzheimer : un nouveau biomarqueur pour un diagnostic préclinique de la maladie

Alzheimer : un nouveau biomarqueur pour un diagnostic préclinique de la maladie

14.09.2015

Une nouvelle étude vient étayer les travaux suggérant que la neurogranine – une protéine post-synaptique exprimée uniquement dans le cerveau – pourrait devenir un biomarqueur utile pour détecter la maladie d’Alzheimer très précocement dans le cours de la maladie, aux stades précliniques.

La neurogranine, exprimée au niveau des épines dendritiques des neurones, a un rôle essentiel dans la plasticité synaptique, et donc dans le processus de mémorisation. Certaines équipes ont récemment montré que les patients atteints de la maladie d’Alzheimer ont justement des taux plus élevés de neurogranine dans le LCR par rapport aux patients contrôles, ce qui refléterait une perte synaptique – un des événements précoces de la pathogénèse, corrélé au déclin cognitif observé chez les patients.

Dans cette nouvelle étude, publiée dans la revue « Jama Neurology », les chercheurs ont mesuré l’évolution des concentrations en neurogranine dans le LCP au cours du temps. L’équipe, menée par Maartje Kester, chercheuse au centre médical VU d’Amsterdam, a travaillé avec 163 personnes, réparties en trois groupes : 37 individus en bonne santé, 61 patients présentant des signes de déficience cognitive légère (« mild cognitive impairement » ou MCI) et 65 patients avec un diagnostic de maladie d’Alzheimer. Leurs niveaux de neurogranine ont été évalués à 2 reprises : à l’entrée de l’étude, et 2 ans plus tard en moyenne. Les participants ont été suivis pendant environ 4 ans.

Des niveaux prédictifs d’une progression chez les patients MCI

D’après leurs résultats, la concentration en neurogranine était plus élevée chez les patients avec une MCI à l’entrée de l’étude qui ont plus tard développé la maladie d’Alzheimer (niveaux médians de 2 842 pg/mL), que chez ceux avec un MCI qui n’a pas progressé vers un Alzheimer (1 752 pg/mL). Chez ces patients donc, des niveaux élevés de neurogranine étaient prédictifs d’une progression, concluent les auteurs.

Les niveaux de cette protéine étaient également plus élevés dans le LCR des patients Alzheimer (niveau médian de 2 381 mg/mL) que chez les patients normaux (niveau médian de 1 712 pg/mL) – comme observé lors des études précédentes.

Enfin, le suivi longitudinal des patients a révélé que les concentrations en neurogranine augmentaient au gré des années chez les patients normaux (90 pg/mL par an en moyenne) alors qu’elles avaient tendance à rester stables (et élevées) chez les patients atteints d’un MCI ou d’un Alzheimer.

« Lorsque la maladie d’Alzheimer peut être détectée à un stade précoce, les patients et leurs proches peuvent mieux se préparer à son arrivée. Avec cette protéine, le cours et l’avancée de la maladie pourraient également être mieux suivis », concluent les chercheurs.

Clémentine Wallace
Source : Lequotidiendumedecin.fr

A la une

add

L'Ordre ne s'oppose pas à l'ouverture de l'AMP à toutes les femmes, contraire ni à la déontologie ni aux principes éthiques

ordre

C'était une prise de position attendue. « La voix de l'Ordre s'est faite timide jusque-là », a reconnu le Dr Jean-Marie Faroudja, président... 12

Assistant médical : les infirmiers ne veulent pas être les « subalternes » des médecins

infirmiers

Plusieurs syndicats d'infirmiers libéraux ainsi que l'Ordre professionnel s'insurgent contre la réforme du système de santé du... 5

Des étudiants mal classés envoyés dans les déserts : la drôle d'idée du Pr André Grimaldi

Grimaldi

Le Pr André Grimaldi, professeur émérite de diabétologie à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), vient d'avancer une piste pour le moins... 25

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter