L’ANSES met en garde contre l’utilisation de la 3D chez les enfants

L’ANSES met en garde contre l’utilisation de la 3D chez les enfants

06.11.2014
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    L’ANSES met en garde contre l’utilisation de la 3D chez les enfants

Cinéma, télévision, ordinateurs, téléphones portables, consoles de jeux, la technologie 3D stéréoscopique (3Ds communément appelée 3D) envahit les écrans depuis le milieu des années 2000. L’ANSES s’est inquiétée de l’impact éventuel sur la santé, notamment visuelle, d’une exposition prolongée à ce type d’images s’est autosaisie de la question en décembre 2011. L’agence avait déjà été sollicitée par l’association « Robin des bois » sur les risques éventuels de la console de jeux « Nintendo 3Ds » mais avait estimé en juillet 2011 que les données de la littérature ne permettaient conclure ni sur d’éventuels risques ni sur un âge plus à risque.

À déconseiller chez les moins de 6 ans

Bilan de la nouvelle analyse de la littérature : l’ANSES recommande « de déconseiller l’exposition aux technologies 3D aux enfants de moins de 6 ans » et que « les enfants de moins de 13 ans aient un usage modéré ». L’agence demande aussi aux moins de 13 ans et à leurs parents d’être « attentifs aux éventuels symptômes induits ». Les recommandations s’adressent aussi aux personnes sujettes à certains troubles visuels (troubles de l’accommodation, de la vergence...) ou à des troubles de l’équilibre, qui doivent, selon l’ANSES, limiter leur exposition à ces technologies, notamment dans un cadre professionnel.

Vision stéréoscopique

Les différents symptômes potentiels identifiés sont tous liés à la fatigue visuelle engendrée par le « conflit accomodation-divergence », explique l’ANSES. En effet, les interfaces utilisées utilisent le principe de la vision stéréoscopique et une même technique : fournir à chaque œil une image différente soit en plaçant près des yeux deux petits écrans (cas des visiocasques, vidéolunettes), soit en séparant techniquement les deux images affichées sur un seul écran (écrans auto-stéréoscopiques). Dans les conditions naturelles, les yeux convergent et accommodent à la même distance, c’est-à-dire à la distance de l’objet observé dans le monde réel. Or, « le principe technique de la restitution stéréoscopique (en 3Ds) ne permet pas de respecter ce principe physiologique », rappelle l’ANSES. Si les yeux convergent bien à la distance perçue de l’objet virtuel, l’accommodation, elle se fait toujours à l’endroit où sont affichées les images réelles, c’est-à-dire au niveau de l’écran. Ce qui est source de conflit avec des risques sanitaires liés notamment aux capacités visuelles de l’observateur avec des différences individuelles importantes.

Douleurs, troubles visuels et de l’attention

Les enfants figurent parmi les populations les plus vulnérables à l’exposition aux images 3D, en raison de l’immaturité de leur système visuel toujours en développement actif chez les moins de 6 ans (accommodation, vergence, maturation des voies visuelles, etc.).

Les symptômes de la fatigue visuelle peuvent être une asthénopie accommodative (fatigue et douleurs péri-oculaires), une sensation d’œil sec, les troubles de la vision (diplopie, sensibilité réduite aux contrastes spatiaux, diminution de l’acuité visuelle et de la rapidité de perception) et troubles extra-oculaires (maux de tête, douleurs au cou, maux de dos et aux épaules, baisses de performances dans les activités mentales, pertes de concentration).

Sensibiliser les professionnels de santé

Les recommandations de l’ANSES sont assorties de conseils d’utilisation visant à réduire les symptômes chez tous les utilisateurs. En cas de symptômes, il leur est recommandé de limiter la durée d’exposition et de consulter un ophtalmologiste. L’ANSES incite d’ailleurs à une sensibilisation des professionnels médicaux et paramédicaux de la petite enfance et des ophtalmologistes sur les mécanismes mis en jeu lors de la visualisation d’interfaces en 3D. « Ainsi, ils seront en mesure d’informer les parents des symptômes et risques potentiels mais aussi des moyens d’y remédier », souligne l’agence. Autre conseil : ne pas être trop proche de l’écran, conserver ses corrections optiques lors de la visualisation (lunettes, lentilles).

Compte tenu de l’absence de données sur l’exposition de la population aux technologies 3D, des recherches devront être menées pour identifier les usages, les populations concernées, et mettre en place un suivi.

Dr Lydia Archimède
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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