Tuberculose résistante : MSF dénonce des pratiques dépassées et le manque de médicaments

Tuberculose résistante : MSF dénonce des pratiques dépassées et le manque de médicaments

30.10.2014
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    Tuberculose résistante : MSF dénonce des pratiques dépassées et le manque de médicaments

Pour la 45e Conférence mondiale sur la santé respiratoire qui se tient jusqu’au 1er novembre à Barcelone, MSF appellent les gouvernements, donateurs et industries pharmaceutiques à agir en urgence pour renforcer les stratégies visant à contrer la tuberculose résistante aux médicaments (TB-R). Selon les dernières données publiées par l’OMS, moins d’un tiers des patients atteints de TB-R recensés dans le monde sont diagnostiqués et parmi eux seulement un sur cinq reçoit un traitement adapté. « L’heure n’est pas à la complaisance : dans certains pays d’ex-Union Soviétique, plus d’un tiers des patients chez qui MSF a diagnostiqué une TB-R n’ont jamais été traités auparavant, ce qui implique une transmission directe, de personne à personne, des formes résistantes de la maladie, explique le Dr Petros Isaakidis, médecin épidémiologiste MSF en charge de la recherche opérationnelle en Inde. La tuberculose résistante est une catastrophe d’origine humaine, entraînée par des années de négligence et par une réponse lente et fragmentaire. »

« Donner accès au diagnostic et au traitement à ceux qui en ont le plus besoin »

Suite à une enquête basée sur des indicateurs d’accès au diagnostic, au traitement et aux médicaments essentiels et à leurs achats, menée dans huit pays (Brésil, Inde, Kenya, Myanmar, Russie, Afrique du Sud, Ouzbékistan et Zimbabwe), la conclusion du rapport « Out of step » de MSF est sombre. Ainsi cinq problèmes principaux dans la prise en charge de la TB-R ont été observés : l’accès aux soins est insuffisant ; un nombre croissant de personnes diagnostiquées TB-R ne reçoivent pas de traitement ; l’utilisation de modèles de soins obsolètes et coûteux, comme l’hospitalisation par défaut des patients ; l’accès aux médicaments les plus prometteurs, nouveaux ou « requalifiés » est trop limité ; enfin des financements insuffisants dans de nombreux pays. « Les entreprises et les pays doivent accélérer les processus d’enregistrement des nouveaux médicaments. Il faut également mener des essais cliniques intégrant les nouveaux médicaments contre la tuberculose dans des protocoles plus courts, moins toxiques et plus efficaces. Pour cela, il est nécessaire que la recherche et le développement soient coordonnés et financés dans le seul but de donner accès au diagnostic et au traitement à ceux qui en ont le plus besoin », conclut Grania Brigden, en charge du dossier tuberculose à la Campagne d’accès aux médicaments essentiels (CAME) de MSF.

Sophie Martos
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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