L’avenir de la PMI doit s’inscrire dans la loi de santé, selon le Conseil économique et social

L’avenir de la PMI doit s’inscrire dans la loi de santé, selon le Conseil économique et social

15.10.2014
  • PMI Loi de santé

    L’avenir de la PMI doit s’inscrire dans la loi de santé, selon le Conseil économique et social

Dans un avis voté ce mardi, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) s’inquiète du devenir des services de protection maternelle et infantile (PMI). Unique compétence sanitaire décentralisée, la PMI ne figure pas dans le volet prévention du projet de loi santé qui sera présenté en conseil des ministres ce mercredi. Son existence même pourrait être remise en question par la future réforme territoriale.

Pourtant, la PMI, parce qu’elle articule sanitaire, médico-social et social, porte une mission de prévention, et est un service public, gratuit, et de proximité, devrait avoir toute sa place dans la future stratégie de santé, estime la rapporteure de l’avis, Christiane Basset.

Développer la vaccination

L’avis du CESE formule 14 recommandations visant à renforcer la PMI, à commencer par son inscription dans le projet de loi de santé comme outils de prévention et de réduction des inégalités. « La PMI doit se voir clairement assigner des objectifs de santé publique et être pleinement intégrée au service territorial de santé au public », lit-on.

La diversité des missions de la PMI doit être réaffirmée : elle est tout à la fois un centre de premier recours dans le suivi des enfants, de prise en charge périnatale (18 % des femmes y ont recours), de prévention, de collecte de données épidémiologiques. Pour accentuer encore sa mission de prévention, le CESE propose de développer des consultations sans rendez-vous destinées, notamment, à des actions de vaccination. « On a trop souvent l’idée que la PMI est destinée aux plus vulnérables. Mais elle remplit beaucoup de missions », résume Christiane Basset.

Un laboratoire de la délégation de tâches

Le CESE recommande de valoriser la PMI en développant les coopérations, par exemple avec la médecine scolaire, l’Éducation nationale, les associations, les professionnels de santé, ou encore les permanences d’accès aux soins de santé (PASS). « La PMI est un excellent relais, en termes de dépistage des handicaps ; les professionnels sont formés à cela. Mais elle ne touche que 20 % des enfants de 0 à 6 ans », indique François Fondard, président de la section des affaires sociales et de la santé du CESE.

Les liens avec l’Assurance-maladie sont aussi à soutenir, pour les actions d’information aux parents, ou les programmes comme le PRADO.

La PMI doit bénéficier d’une meilleure gouvernance, grâce à une programmation pluriannuelle nationale et, au niveau des agences régionales de santé, via son intégration dans les parcours de prise en charge. Son attractivité doit enfin être revalorisée. Des stages de médecine générale devraient être mis en place dans la formation initiale des jeunes médecins, et les délégations de tâches encouragées, selon le CESE.

Par ailleurs, Christiane Basset a fait part de son souhait de voir le CESE se saisir d’un rapport sur la santé en outre-mer. En 2012, le taux de mortalité infantile était 3,5 pour 1 000 naissances en métropole, de 6,8 à la Réunion, de 7,1 en Guadeloupe, de 7,2 en Martinique, de 11,8 en Guyane et de 13,5 à Mayotte.

Coline Garré
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
15.10.2014 à 14h33

« Beaucoup reviendront "dans le social à ne plus passer par la PMI" !
Dans les familles vraiment pauvres, on n'apprécie pas ce genre d'endroit ! Même si c'est gratuit ! Et beaucoup garderont avec eux Lire la suite

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