Accessibilité des cabinets : les nouvelles règles du jeu

Accessibilité des cabinets : les nouvelles règles du jeu

25.09.2014
  • 1411657669547913_IMG_136952_HR.jpg

La secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées Ségolène Neuville et la ministre de la Santé Marisol Touraine ont présenté ce jeudi en conseil des ministres l’ordonnance dite « accessibilité » (des établissements et lieux publics pour les personnes handicapées). Sa publication au « Journal officiel », la semaine prochaine, déclenchera le compte à rebours pour la mise aux normes des bâtiments et établissements publics. Deux décrets et deux arrêtés devraient suivre en octobre et novembre.

Calendrier initial intenable

L’ordonnance, fruit d’une longue concertation, complète la loi sur le handicap du 11 février 2005, qui imposait initialement aux établissements recevant du public d’êtres accessibles au 1er janvier 2015, un agenda intenable en raison du retard accumulé. Fin 2012, à peine plus de 30 % du million d’établissements recevant du public (ERP) étaient accessibles – 12 millions de personnes sont concernées par le handicap.

L’ordonnance instaure donc des agendas d’accessibilité programmée (Ad’AP). Ceux-ci devront être déposés en mairie ou en préfecture avant octobre 2015 par les propriétaires ou gestionnaires d’établissements qui ne sont pas encore en conformité. Pour la 5e catégorie (à laquelle appartiennent les cabinets médicaux), l’agenda d’accessibilité programmée engage à réaliser des travaux (dont la nature est précisée) dans un délai de 1 à 3 ans, durant lequel est suspendu le risque de sanction pénale prévu par la loi du 11 février 2005. A contrario, l’absence de dépôt expose le gestionnaire à des sanctions financières et pénales.

Formulaire simplifié

L’ordonnance prévoit qu’un bilan des travaux soit effectué chaque année. La déléguée ministérielle à l’accessibilité Marie Prost-Coletta insiste sur la simplification des démarches. « Le document Cerfa de demande d’autorisation de travaux, téléchargeable sur www.accessibilite.gouv.fr en novembre, doit tenir sur un recto-verso. Les normes sont simplifiées », explique-t-elle. Une fois ce document transmis aux autorités, l’absence de refus sous 4 mois vaut approbation.

Pour les aider, les professionnels pourront dialoguer avec des « ambassadeurs d’accessibilité », 1 000 jeunes en service civique. Les propriétaires d’un ERP de 5e catégorie (cabinets médicaux, commerce de proximité, mairies, et hôtels) pourront utiliser l’outil d’autodiagnostic bientôt disponible sur le site gouvernemental.

Ceux qui envisagent de fermer leur cabinet doivent le signaler au préfet et seront dispensés.

Dérogations

Pour les cabinets médicaux, les Ad’AP reprennent les dérogations déjà présentes dans la loi de 2005 : impossibilité technique, classement au patrimoine, disproportion manifeste entre le coût des travaux et les bénéfices (un arrêté précisera les critères).

Une quatrième condition a été rajoutée, en cas de refus de la copropriété. Cette dérogation vaut pour l’existant, non pour de nouvelles installations. « Si un médecin veut s’installer dans un ERP dont la copropriété refuse des travaux d’accessibilité, il ne peut le faire que s’il prouve qu’il lui est impossible de s’installer ailleurs, nous a précisé le Conseil d’État », explique Marie Prost-Coletta.

Quant au financement des travaux, « le Conseil d’État a précisé que c’est à chacun de s’en acquitter », expose la déléguée ministérielle. La Caisse des dépôts et consignations et Bpifrance doivent mettre en place un prêt à taux bonifié, précise le compte rendu du conseil des ministres.

Coline Garré
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 32 Commentaires
 
29.09.2014 à 14h53

« Une question .Quelle est la durée d'amortissement des travaux pour les mises aux normes d accessibilité ? 10 ANS... ?? »

Répondre
 
27.09.2014 à 13h27

« Il faut bien que MST essaie de relancer le BTP, par contrainte de travaux, puisque ce secteur d'activité est sinistré. Mais pourquoi ne pas mettre un rail amovible,et écrire :"en cas d'handicap, son Lire la suite

Répondre
 
27.09.2014 à 09h02

« J'ai bien compris que nous n'avions que 4 possibilités: 1) Faire les travaux. 2) Demander une dérogation 3) Faire le mort. 4)Prendre sa retraite. A 62 ans, j'hésite entre le 3) et le 4). D.S. »

Répondre
 
27.09.2014 à 13h32

« A 62 ans le 4 est suicidaire: renseignez-vous sur votre décote de retraite. »

Répondre
 
29.09.2014 à 08h07

« Sauf que la prendre à 67 l'est encore plus »

Répondre
 
26.09.2014 à 15h24

« Il faut bien que les énarques travaillent... »

Répondre
 
26.09.2014 à 12h21

« Pourquoi encore discuter de ces immenses c... dont le seul but est de justifier la paie des ronds de cuir qui nous gouvernent dans chaque détail de notre vie ? Un seul mot d'ordre : NO NEGO ! Franch Lire la suite

Répondre
Voir tous les commentaires

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Activité libérale à l'AP-HP : 350 praticiens hospitaliers ont perçu 38,6 millions d'euros en 2016

aphp activite

Les praticiens hospitaliers qui ont exercé une activité libérale à l'Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) en 2016 se sont... Commenter

Manque de temps, frustration, relations avec les patients : ces facteurs de stress qui mènent les généralistes au burn-out

La sensation de « travail empêché » chez les médecins joue fortement sur l'épuisement émotionnel et la dépersonnalisation, deux causes de... 9

Rénovation du dépistage néonatal : vers la création d'un centre national de coordination

dépistage néonatal

Le ministère de la Santé lance un appel à candidatures national pour désigner le centre hospitalier universitaire qui accueillera le futur... 1

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter