Ebola : la France autorise 3 traitements expérimentaux à titre exceptionnel

Ebola : la France autorise 3 traitements expérimentaux à titre exceptionnel

19.09.2014

La jeune infirmière française, volontaire de Médecins sans frontières, qui a été infectée par le virus Ebola est désormais sur le territoire français. Après avoir été rapatriée dans la nuit par avion sanitaire, « elle a été transportée à l’hôpital dans des conditions de sécurité absolue et immédiatement prise en charge », a annoncé la ministre de la Santé Marisol Touraine. Comme prévu.

Après avoir été rapatriée dans la nuit par avion sanitaire, elle a, comme prévu, été immédiatement transportée à l’hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé (Val-de-Marne). La ministre de la Santé s’est d’ailleurs rendue sur place « pour saluer les équipes médicales qui se sont très fortement mobilisées pour la prendre en charge ». La ministre a d’ailleurs réfuté les critiques formulées par MSF dénonçant la lenteur du rapatriement. « Entre le moment où nous avons été prévenus et son arrivée, il s’est écoulé 50 heures, c’est exactement le temps qu’il a fallu pour rapatrier les personnels américains », a-t-elle précisé.

Utilisation dans les hôpitaux de référence Ebola

Concernant la prise en charge médicale de la jeune infirmière, la ministre a annoncé : « Elle reçoit des traitements expérimentaux », ajoutant que le traitement avait été instauré « dès son transfert ». La contamination et le rapatriement de la volontaire de MSF ont sans doute accéléré la mise à disposition de traitements spécifiques expérimentation dont le choix a fait en France l’objet d’une concertation scientifique. Un arrêté du ministère de la Santé daté du 18 septembre et publié au « J. O. » de ce matin, autorise l’utilisation « à titre dérogatoire » des médicaments contenant les substances suivantes : favipiravir, TKM-100-802, ZMapp. Ces médicaments pourront être « stockés, prescrits, dispensés et administrés pour le traitement des personnes contaminés par le virus Ebola » dans les établissements de référence Ebola « lors d’une évacuation sanitaire de ressortissants dont l’État français a la charge », précise l’arrêté. L’importation et le stockage des médicaments peuvent également être effectués par l’EPRUS (Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires). En revanche, seul l’EPRUS est chargé de l’exportation, le cas échéant, de ces médicaments.

ZMapp, favipiravir, TKM-100-502.

L’autorisation concerne donc 3 molécules :

– Le ZMapp, cocktail de trois anticorps monoclonaux, développé par Mapp Bio (Biopharmaceutical) en partie dérivé du tabac grâce au laboratoire Kentucky BioProcessing (filiale du cigarettier Reynolds) et à l’ingénierie génétique. Il a été administré notamment à deux Américains, dont le Dr Kent Brantly, 33 ans, et la missionnaire Nancy Writebol, 60 ans, qui ont tous deux guéri. Un prêtre espagnol de 75 ans et un médecin libérien qui avaient également reçu ce médicament sont en revanche décédés. Son développement est le fruit d’une collaboration entre Mapp Bio et sa filiale LeafBio, toutes deux basées à San Diego (Californie), de Defyrus Inc., un laboratoire canadien de Toronto, ainsi que des gouvernements américain et canadien.

– L’Avigan ou favipiravir (ou « T-705 ») est, lui, un antiviral contre la grippe développé par Toyama Chemical, filiale de FujiFilm. Par rapport au ZMapp, il présente l’avantage d’avoir été homologué en mars au Japon en tant qu’antiviral contre la grippe. Son administration sous forme de comprimés peut également faciliter le traitement dans des zones aux infrastructures médicales limitées. Le groupe japonais s’est dit « prêt à répondre aux demandes individuelles », et avoir reçu des demandes de l’étranger. Un porte-parole avait assuré en août dernier disposer de « réserves suffisantes pour plus de 20 000 personnes ».

– Le TKM-100-502 de la société canadienne Tekmira spécialisée dans la fabrication de petites molécules thérapeutiques, dites ARN interférents, a fait l’objet pour son développement d’un contrat de 140 millions de dollars du département américain de la Défense. La molécule placée dans des nanoparticules lipidiques bloque à la fois une protéine d’enveloppe du virus Ebola et une enzyme (polymérase) nécessaire à sa multiplication.

Dr Lydia Archimède
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 3 Commentaires
 
21.09.2014 à 23h45

« Ebola 1967, je pense qu'il y a longtemps que tout le monde avaient la "contre épidémie" mais ça peut -être disparue comme certaines fioles il y a peu de temps d'un hosto ! »

Répondre
 
19.09.2014 à 22h26

« Est il exact que le chlorure de magnésium fait des miracles comme cela circule sur le net ?
Voila qui mériterait d’être vérifié non ?
On lui attribue déjà la guérison du tétanos en perfusion, alors Lire la suite

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20.09.2014 à 13h38

« Où ça, sur le net ? Sur des sites sérieux ? »

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