Flambée de cas de rougeole aux États-Unis : les anti-vaccins mis en accusation

Flambée de cas de rougeole aux États-Unis : les anti-vaccins mis en accusation

27.06.2014
  • 1403865494533604_IMG_132862_HR.jpg

La rougeole est-elle de retour aux États-Unis ? Alors que le virus avait été déclaré éliminé du pays en 2000, le Center for Disease Control and Prevention (CDC) est en train d’enregistrer un nombre de cas record pour l’année 2014. Entre le 1er janvier et le 20 juin, la célèbre institution d’Atlanta en a compté 514, contre moins de 200 en 2013 et une cinquantaine en 2012. Il faut remonter à 1994 pour voir des niveaux similaires, et la situation ne peut qu’empirer.

Le CDC estime que la flambée actuellement observée est causée par des voyageurs qui ont ramené la maladie de l’étranger. Le principal foyer semble être localisé aux Philippines, où près de 40 000 cas ont été recensés entre janvier et mai 2014.

Arrivé sur le sol américain, le virus trouve un terreau fertile dans certaines communautés non vaccinées. En effet, toujours d’après les enquêtes effectuées par le CDC, l’immense majorité des patients infectés cette année n’étaient pas immunisés. Environ 85 % d’entre eux invoquaient des raisons religieuses, philosophiques ou personnelles pour expliquer leur décision de ne pas se protéger contre la maladie, ou de ne pas protéger leurs enfants.

Il faut dire qu’aux États-Unis, les « anti-vaxxers » sont légion. Ils citent régulièrement des recherches publiées au début des années 2000 par le Dr Andrew Wakefield, qui prétendaient démontrer un lien entre l’autisme et le vaccin anti-rougeoleux. Le « Lancet », dans lequel ces résultats ont été publiés, a depuis retiré l’article où ils étaient présentés. Ce qui n’a pas empêché les théories du Dr Wakefield de recevoir un écho disproportionné outre-Atlantique.

Et la France ?

Mais attention, la rougeole est loin d’être un problème uniquement américain. Les raisons des épidémies diffèrent, mais il faut rappeler que d’après l’Institut de veille sanitaire (InVS), 23 300 cas de rougeole ont été recensés en France entre 2008 et 2013, dont près de 15 000 pour la seule année 2011.

D’après Daniel Levy-Bruhl, épidémiologiste à l’InVS, une petite partie de la population française (y compris une petite partie des médecins) reste aujourd’hui hésitante face à la vaccination. Cette réticence tient principalement à la croyance selon laquelle la rougeole serait une maladie bénigne, ainsi qu’à la peur des effets secondaires. Résultat : si environ 90 % des enfants français reçoivent actuellement la première dose du vaccin à temps (à 1 an), ils ne sont qu’environ 70 % à recevoir la seconde dans les délais (à 2 ans).

Un résultat inquiétant, car M. Levy-Bruhl rappelle que la rougeole peut tuer. « Il s’agit d’une maladie tellement contagieuse que même avec une petite proportion d’enfants non vaccinés, le réservoir de sujets non immunisés permettant au virus de circuler est vite atteint », explique l’épidémiologiste. Des efforts restent donc encore à fournir si l’on veut atteindre un jour l’objectif d’éradication de la maladie en Europe, qui avait été fixé pour… 2010.

Adrien Renaud
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 9 Commentaires
 
29.06.2014 à 18h00

« Une motivation pour se faire vacciner: Ne plus rembourser par la SS les maladies infectieuses, virales ou bactériologiques, chez les personnes non vaccinées... »

Répondre
 
30.06.2014 à 21h15

« Ha oui, parce que les vaccins protégeraient à 100% ?!!! Qd on sait que pour certains on est autour de 50% de protection.... »

Répondre
 
29.06.2014 à 14h55

« Il serait utile qu'il n'y ait pas de "langue de bois" et que les statistiques soient HONNETES.
Qui vivra verra............ »

Répondre
 
29.06.2014 à 11h59

« A quand une condamnation d'un de tout ces "anti-" ?
Qui ira chercher leur responsabilité quand nous aurons une flambée de cancer du foie\ hépatite B et des encéphalites rougeoleuses...ou autre.
A bo Lire la suite

Répondre
 
28.06.2014 à 14h18

« Ceci aurait plus de poids si on avait les chiffres de mortalité constatée, car pour de plus en plus de gens, la rougeole n'est qu'une "petite maladie de l'enfance"... »

Répondre
 
28.06.2014 à 14h17

« Dans le même genre, j'ai réussi à convaincre une patiente de ne pas remplacer sa chimio par un jeûne : "si le cancer n'est pas nourri, il va mourir", avait-elle lu; certes, mais je lui ai expliqué q Lire la suite

Répondre
 
15.07.2014 à 16h04

« Par contre jeûner pendant la chimiothérapie améliore la réponse à la chimio ( études américaines ) : les cellules saines s'entourent d'une coque protectrice contre les toxiques , ce que ne Lire la suite

Répondre
Voir tous les commentaires

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Une étudiante en PACES de Marseille se suicide, la communauté médicale en émoi

suicide Fac marseille

Une étudiante inscrite en première année commune aux études de santé (PACES) à la faculté de médecine d'Aix-Marseille vient de se donner la... 11

Lévothyrox: le Conseil d'État donne raison au gouvernement dans sa gestion des effets indésirables

Levothyrox

Le Conseil d'État a donné raison ce 13 décembre au gouvernement, face à un patient traité avec le médicament Levothyrox, qui avait saisi en... 3

Réguler l'installation des spécialistes de secteur II en zone surdotée : la mesure choc du CESE

cese

Depuis plusieurs semaines, la question de la liberté d'installation ne quitte pas le débat public. Le Conseil économique, social et... 20

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter