De nouveaux arguments pour impliquer Trichomonas vaginalis dans le cancer prostatique

De nouveaux arguments pour impliquer Trichomonas vaginalis dans le cancer prostatique

20.05.2014
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    De nouveaux arguments pour impliquer Trichomonas vaginalis dans le cancer prostatique

Trichomonas vaginalis, un parasite protozoaire flagellé, est responsable d’un nombre élevé d’infections sexuellement transmissibles non virales. Les hommes sont plutôt porteurs asymptomatiques, ne nécessitent pas de traitement, mais ce portage est source d’inflammation chronique et plusieurs études ont déjà associé sa présence avec l’incidence et la sévérité du cancer de la prostate.

Une protéine du parasite proche d’une cytokine

Une nouvelle étude publiée dans les Pnas* par une équipe américaine ajoute une pierre à l’édifice en précisant par quels mécanismes ce parasite pourrait être impliqué dans le cancer prostatique.

Les auteurs montrent que le parasite sécrète une protéine pro-inflammatoire « T. Vaginalis macrophage migration inhibitory factor » plus simplement TvMIF, dont les caractéristiques sont très proches de celles d’une cytokine pro-inflammatoire humaine HuMIF (Human macrophage migration inhibitory factor) impliquée de nombreux processus, inflammation, auto-immunité, prolifération cellulaire, angiogenèse, tumorogenèse. Prenant en considération ces similitudes, les auteurs ont étudié le rôle de TvMIF dans le cancer de la prostate.

Ils montrent qu’ainsi que la protéine du parasite possède une activité tautomerase et pro-inflammatoire, et inhibe la migration des macrophages. Ils démontrent également que TvMIF développe une grande affinité pour le récepteur humain CD74 MIF humain -comparable à celle de HuMIF- qui déclenche l’activation de ERK, Akt et Bcl-2 associées à la phosphorylation et au décès cellulaire. In vitro, le TvMIF favorise la croissance cellulaire des cellules prostatiques tumorales.

Des anticorps ant-TvMIF chez l’homme

Enfin, la présence d’anticorps anti-TvMIF chez l’homme indique que le parasite libère sa protéine et déclenche une réaction de type immunitaire durant l’infection chronique.

L’ensemble de ces données constitue autant d’arguments pour imaginer qu’une infection chronique à Trichomonas Vaginalis puisse, via l’inflammation chronique, induire une prolifération cellulaire promotrice du cancer.

*Trichomonas vaginalis homolog of macrophage migration inhibitory factor induces prostate cell growth, invasiveness, and inflammatory responses. Pnas : doi /10.1073/pnas.1321884111

Dr Anne Teyssédou
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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