Grippe aviaire A(H7N9) : un virus peu pathogène chez l’animal, dangereux pour l’homme

Grippe aviaire A(H7N9) : un virus peu pathogène chez l’animal, dangereux pour l’homme

12.04.2013
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    Grippe aviaire A(H7N9) : un virus peu pathogène chez l’animal, dangereux pour l’homme

L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a qualifié d’« assez exceptionnelle » la situation créée par le virus H7N9 de la grippe aviaire car sa détection est « très difficile » chez les volailles. « Selon l’information disponible aujourd’hui, nous sommes confrontés à une situation assez exceptionnelle car nous avons affaire à un virus influenza très faiblement pathogène pour les oiseaux et qui a la capacité de provoquer une maladie grave chez les personnes infectées », a déclaré le Dr Bernard Vallat directeur général de l’organisation. L’OIE précise que selon les rapports officiels transmis par les autorités vétérinaires chinoises, « les volailles testées comme positives à la présence du virus influenza A(H7N9), et suspectées d’être à l’origine des cas humains recensés, ne montrent pas de symptômes visibles ». Cette situation « rend la détection de ce virus très difficile chez les volailles », ajoute l’OIE.

L’OIE dont le siège est à Paris, gère toute l’information sanitaire animale mondiale grâce à son système d’information zoosanitaire (WAHIS) dont toutes les données sont accessibles au public sur le site internet de l’Organisation. Tous les virus de l’influenza aviaire hautement pathogène détectés chez les oiseaux (domestiques et sauvages) doivent être notifiés à l’OIE par les autorités compétentes nationales quelle que soit leur souche ainsi que toutes les sous-types H5 et H7 des virus faiblement pathogènes détectés chez les volailles (telle que la souche aviaire récemment notifiée par la République populaire de Chine.

Un vaccin pour protéger les volailles

« À la date d’aujourd’hui, huit foyers d’influenza aviaire faiblement pathogène A(H7N9) ont été notifiés chez des pigeons et des poulets présents sur des marchés, tous situés à Shanghai et dans des provinces voisines », indique l’OIE.

Selon l’OIE, « une des options-clé qui se profile » pour pouvoir éviter l’extension du virus « est celle d’une politique vaccinale adaptée » afin de protéger les animaux sensibles. Elle précise cependant que « la disponibilité d’un vaccin efficace pour protéger les volailles du virus A(H7N9) en quantités appropriées pourrait prendre quelque temps ». L’organisation dispose d’un laboratoire de référence pour l’influenza aviaire basé en Chine, l’Institut de recherche vétérinaire de Harbin, qui enquête avec le Centre pour le contrôle des maladies de Chine « sur la source animale précise ou le possible réservoir du virus ».

Le virus a fait un dixième mort jeudi en Chine. Il s’agit d’un retraité âgé de 74 ans de Shanghai, a indiqué la municipalité, où se sont produits six des dix décès.

La souche H7N9 de la grippe aviaire a infecté au total 38 personnes dans l’est de la Chine. Un petit garçon de Shanghai, qui était porteur du virus, a lui été déclaré guéri et a pu quitter l’hôpital.

38 cas humains

Selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé, le virus A(H7N9) a touché 38 patients dont 10 décès, 19 cas sévères et 9 cas de sévérité modérée. Plus de 760 personnes contacts font l’objet d’un suivi.
Pour l’heure aucun vaccin n’est disponible. Des tests préliminaires montrent que le virus est sensible aux inhibiteurs de la neuraminidase (oseltamivir et zanamivir). Pour l’heure, il n’a pas été observé de transmission interhumaine du virus.
Dans le bulletin «  Eurosurveillance  », A.  Nicoll  et N.  Danielsson  tentent de définir les conséquences pour l’Europe de l’émergence du virus A( H7N9 ). Ils saluent la rapidité avec laquelle les autorités chinoises ont réagi. Notamment en mettant au point rapidement un test de diagnostic ( PCR ) peu de temps après l’identification du premier cas. La source de la contamination demeure inconnue même si, selon le scénario le plus probable, il s’agirait d’un réassortiment du virus à partir d’une souche A( H7 ) qui a probablement circulé un certain temps dans l’Est de la Chine avant de se transmettre à l’homme. « Il n’est pas inévitable que de virus  réassortant  va évoluer vers une capable de transmission  interhumaine  et qu’il va s’implanter en Europe, mais cela reste une possibilité », soulignent les auteurs.
 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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