Et si les démences étaient d’origine infectieuse, liées aux virus Herpès ?

Et si les démences étaient d’origine infectieuse, liées aux virus Herpès ?

27.03.2013
  • 1364397633421188_IMG_102011_HR.jpg

    Et si les démences étaient d’origine infectieuse, liées aux virus Herpès ?

La mesure de la « charge infectieuse » établie par l’association de 5 sérologies d’agents pathogènes très communs comme les virus Herpès, serait prédictive de façon indépendante, des performances cognitives.

L’idée d’une piste infectieuse aux démences n’est pas nouvelle, mais le lien toujours aussi difficile à établir. Des recherches fondamentales ont montré que l’inflammation déclenchée par les agents infectieux joue un rôle dans les accidents vasculaires cérébraux d’origine ischémique, l’athérosclérose et les démences. Virus et bactéries envahissent la paroi des vaisseaux, provoquent la libération de cytokines, agissent sur le métabolisme lipidique et, finalement, génèrent un dysfonctionnement vasculaire.

Mille six cent soixante-cinq patients inclus

Une équipe de cliniciens américains coordonnée par le Dr Mira Katan (département de Neurologie, New York) qui publient leur travail dans Neurology*, a émis l’hypothèse selon laquelle un état infectieux chronique lié à la présence de plusieurs agents infectieux déjà été associés à une augmentation du risque d’AVC et de maladie d’Alzheimer, pourrait également être en cause dans la survenue d’une démence.

L’étude s’est appuyée sur une cohorte existante, la NOMAS (Northern Manhattan Sudy) : les auteurs ont sélectionné les patients indemnes d’AVC pour lesquels ils disposaient de sérologies et de tests cognitifs, en particulier le MMSE (Mini-Mental Test Examination) à l’inlusion et le TICS-m durant le suivi. Les tests étaient réalisés annuellement pendant 8 ans.

Mille six cent soixante-cinq patients ont été inclus : âge moyen 69 ans, 65 % de femmes, 58 % d’origine Hispanique, et dont le MMSE se situait en moyenne à 27 ; 5 sérologies (ELISA) étaient disponibles : Chlamydia pneumoniae, Helicobacter pylori, Cytomégalovirus, Herpes Simplex Virus 1 et 2 et regroupées en un seul résultat, l’IB (pour infectious burden), correspondant en quelque sorte à une charge infectieuse.

Plus l’IB augmente, plus le score MMSE baisse

Dans l’analyse statistique non ajustée, plus l’IB augmente, plus le score MMSE baisse (p‹0,001). Après ajustement statistique sur les facteurs de risque vasculaire pouvant biaiser les résultats, la corrélation est moindre (p = 0,06), mais persiste.

Les sujets qui avaient l’IB le plus haut avaient un risque de démence augmenté de 25 % comparativement aux IB les plus bas. Le lien est plus marqué chez les femmes, avec un niveau d’éducation faible, et sédentaires. En revanche, l’IB n’est pas associé avec le déclin cognitif au cours du temps. Enfin, les résultats sont les mêmes lorsque l’IB ne prend en compte que les sérologies virales.

Les auteurs prudents admettent quelques limites sur l’interprétation de leurs résultats et s’abstiennent de mentionner un lien causal. Les analyses sérologiques sont en faveur d’infections anciennes, survenues avant le déclin cognitif. L’index IB ne varie pas selon le génotype APOE qui prédispose à l’Alzheimer et les associations ne se modifient pas au cours du temps ce qui semble en faveur du rôle des infections anciennes, contractées dans l’enfance. Il y a donc quelques domaines à éclaircir avant de traiter préventivement le risque d’AVC et de démence par des agents anti-infectieux.

Infectious Burden and Cognitive Function. Neurology, 26 Mars

Dr ANNE TEYSSÉDOU-MAIRÉ
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 4 Commentaires
 
28.03.2013 à 08h03

« Braves petits virus. Cela évitera d'accuser toutes les substances neurotoxiques que l'on nous fait bouffer, boire (aluminium dans l'eau du robinet notamment) ou respirer ! »

Répondre
 
29.03.2013 à 08h39

« L'Académie nationale de médecine ne reconnaît pas la nocivité de l'aluminium alimentaire ou des vaccins. Comment le public aura-t-il cette information si des médecins ne l'ont pas ? »

Répondre
 
03.04.2013 à 15h01

« Les uns n'excluent pas les autres. Les substances neurotoxiques pourraient favoriser l'attaque de ces petits virus ? »

Répondre
 
28.03.2013 à 07h52

« Il aurait sans doute été intéressant de rechercher les sérologies de rickettsioses et de borrelioses, maladies connues pour provoquer des atteintes vasculaires... »

Répondre

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Dans la Manche, un maire fait face au désarroi des habitants privés de généralistes

manche

« Nous sommes dans une situation plus que tendue ». Jean-Pierre Lhonneur, maire de Carentan-les-Marais (Manche) depuis 2008, est quelque peu... 10

Poses de prothèses en chirurgie ambulatoire : l'AP-HP marque des points

hanche prothese

L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) annonce la réalisation de deux poses de prothèse (totale de hanche et unicompartimentale... 8

Éléments en faveur d'une maladie de Lyme chronique, d'après des travaux chez le singe

lyme

Alors qu'en France un protocole de diagnostic et de soins est en cours de rédaction à la Haute Autorité de santé (HAS), les controverses... 4

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter