Episode de mémorisation ou se souvenir de son opération, même sous AG...

Episode de mémorisation ou se souvenir de son opération, même sous AG...

25.03.2013
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    Episode de mémorisation ou se souvenir de son opération, même sous AG...

Rapidement lue, l’étude pourrait faire froid dans le dos. Dans la revue Anaesthesia, des anesthésistes anglais chiffrent les épisodes de mémorisation survenus au cours de procédures d’anesthésie générale. La mémorisation n’est pas un véritable éveil ; le patient se souvient d’un moment de l’intervention : « Docteur, je vous ai entendu parler... dire que... »

Les 7 125 anesthésistes anglais interrogés par questionnaire au cours d’une enquête nationale (NAP5*), font état de 153 épisodes survenus au cours de leur année d’exercice en 2011, soit un taux d’incidence estimé à 1 épisode tous les 15 000 opérés.

Les observations antérieures relativement rares faisaient état de 1 à 2 épisodes pour 10 000, les écarts étant liés aux méthodes pour apprécier ces mémorisations, notamment quand et à quelle fréquence sont utilisés les questionnaires. Le problème reste pourtant très préoccupant, côté patient et côté anesthésiste, puisqu’il vient en quatrième position sur la liste des accidents qui doivent être évités, après le décès, les nausées et les vomissements.

La balance hypnotique / curare

« C’est un phénomène très rare, assure le Dr Etienne Gayat (hôpital Lariboisière, Paris) qui peut survenir lorsque la balance hypnotique / curare est en faveur des curares. Très schématiquement, lorsque les malades sont curarisés mais pas assez hypnotisés, ils ne peuvent plus bouger mais peuvent entendre et, éventuellement, ressentir la douleur, puisque l’immobilité totale fait qu’on ne perçoit pas le réveil du malade. Des cas de syndromes posttraumatiques sont décrits. »

Dans cette étude, la majorité des patients qui ont expérimenté ce désagrément étaient âgés de 25 à 44 ans (58 %) ; dans près de la moitié des cas, les éveils sont survenus après l’induction et avant la chirurgie (72,47 %), dans 30 % des cas durant l’acte chirurgical et dans 23 % des cas après la chirurgie et avant la fin de l’anesthésie. Les cas survenus durant l’induction et le début de la chirurgie étaient ainsi deux fois plus nombreux ; 38 % des patients se plaignent de douleur et peu d’entre eux ont entamé une procédure légale.

Les moniteurs de profondeur d’anesthésie

« Nous disposons de moniteurs qui permettent d’évaluer la profondeur de l’anesthésie ; ils ne sont pas utilisés systématiquement et ne sont pas parfaits mais améliorent nettement notre jugement clinique. Ils devraient également à terme diminuer ces épisodes de mémorisation », conclut le Dr Gayat.

* 5th National Audit project of The Royal College of Anaesthesist and the Association of Anaesthesist of Greta Britain and Ireland

Anaesthesia 2013, 68, 343-353

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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