L'absence de traitement est la porte ouverte à toutes les dérives. Dernière en date, le risque de voir les Français se précipiter vers un nouveau Graal, la nicotine, pour traiter le Covid-19. Pourquoi en effet avoir médiatisé si rapidement un travail de recherche en cours sous le label prestigieux de l'Académie des sciences, de l'AP-HP, de l'Institut Pasteur et de Sorbonne Université ? Où était l'urgence ? Certes l'hypothèse est séduisante. Elle repose sur un constat épidémiologique. Les fumeurs actifs seraient sous-représentés, contre toute attente, dans les services de réanimation. Seconde observation, cette fois liée à des observations physiopathologiques. Le neurotropisme du SARS-CoV-2 soulève des similitudes reconnues dans différentes pathologies comme la rage par exemple liées à la fixation sur le récepteur nicotinique de la jonction nerf-muscle.
Quant au fameux orage cytokinique reconnu chez les patients Covid 19, il serait provoqué par le dérèglement du récepteur nicotinique provoquant une hyperactivation macrophagique à l'origine de la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires. D'où l'idée de mener des travaux originaux. On en comprend l'intérêt. Mais ces chercheurs éminents ont-ils mesuré le risque de voir les Français se ruer encore davantage chez les marchands de tabac ? Faut-il voir ici une nouvelle manifestation de la poursuite du quart d'heure de célébrité qui frappe désormais nos meilleures équipes de recherche ?
Aux urgences, un tiers des cathéters IV périphériques ne devraient pas être posés
Sexualités en Outre-mer : les pratiques évoluent chez les jeunes, la prévention mise à mal
IRM verte : le CHU de Brest recycle l’iode et le gadolinium avec des toilettes filtrantes
L’hôpital de jour diurétique, une innovation pour les décompensations cardiaques