Près de la moitié des patients hospitalisés pour décompensation d’insuffisance cardiaque en Europe sont réadmis dans l'année, selon une analyse du registre de la Société européenne de cardiologie (ESC) sur l’insuffisance cardiaque (ESC HF III Registry) menée par des chercheurs internationaux coordonnés par le Karolinska Institutet (Suède). Le risque de décès cardiovasculaire était aussi plus élevé, en particulier pour les personnes dont la fonction cardiaque était plus sévèrement réduite.
« Cette étude est unique car elle a suivi à la fois la mortalité et les réadmissions à l'hôpital, ainsi que les différentes causes spécifiques de décès et d'hospitalisation, explique le Pr Lars Lund, auteur principal de l'étude et professeur de cardiologie au Karolinska Institutet, dans un communiqué du centre de recherche suédois. Nous avons également procédé à une analyse détaillée selon la fraction d’éjection ».
L’étude a été financée par le programme de recherche de l’ESC EURObservational Research Programme (EORP), lui-même financé par des groupes pharmaceutiques (Abbott, Amgen, AstraZeneca, Bayer, Boehringer Ingelheim, Bristol Myers Squibb, Daiichi Sankyo Europe, Edwards Lifesciences, Novartis, Servier et Vifor).
À l’hôpital, 5,1 % de décès dans l’insuffisance cardiaque aiguë
Les chercheurs ont analysé les données de 10 162 patients dans 41 pays entre 2018 et 2020. Les patients ont été divisés en deux groupes : ceux admis à l’hôpital pour insuffisance cardiaque aiguë (39 %) et ceux qui se rendaient à des consultations externes prévues pour insuffisance cardiaque chronique (61 %). Parmi les patients admis à l’hôpital, les auteurs relèvent que 5,1 % d’entre eux sont décédés pendant leur séjour et que parmi ceux qui ont survécu, les risques de décès et de réhospitalisation au cours de l'année qui suivait étaient plus élevés que pour les patients pris en charge en ambulatoire.
Concernant la mortalité toutes causes, les auteurs retrouvent 16 à 22 décès pour 100 patients-années (PA) dans le groupe admis à l’hôpital, contre 3,9 à 6,6 décès/100 PA pour l’ambulatoire ; pour la mortalité cardiovasculaire, ils relèvent 7 à 13 décès/100 PA pour l’hôpital et 1,7 à 4,3 décès/100 PA pour l’ambulatoire. Ces taux de décès étaient en corrélation positive avec la fraction d'éjection (réduite, modérément réduite ou préservée).
Le risque de réadmission quant à lui variait également en fonction de la fonction d’éjection et des groupes : 44 % des patients atteints d'insuffisance cardiaque aiguë et présentant une fraction d'éjection réduite ont été réadmis au moins une fois au cours de l'année suivant leur hospitalisation initiale (contre 42 % pour ceux ayant une fraction d’éjection modérément réduite et 36 % avec une fraction d’éjection préservée), mais seuls 21 % des patients présentant une fraction d'éjection réduite et traités en ambulatoire ont été réadmis (contre 14 et 18 %).
Pour les auteurs, ces résultats soulignent « la nécessité d'un suivi attentif et de soins adaptés pour les patients atteints d'insuffisance cardiaque, en particulier ceux qui présentent des symptômes aigus et une fonction cardiaque réduite », notamment compte tenu des avancées thérapeutiques. Des traitements de l’insuffisance cardiaque à fonction d’éjection réduite sont bénéfiques pour les autres fonctions d’éjection (iSGLT2 et antagonistes des récepteurs minéralocorticoïdes), ou encore les aGLP-1 sont intéressants chez les patients en obésité et ayant une insuffisance cardiaque à fonction d’éjection préservée.
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