En mettant en évidence le rôle pro-inflammatoire d’un sous-type de lymphocytes T, les lymphocytes T folliculaires régulateurs (Tfr), dans la sclérose en plaques (SEP), les chercheurs du laboratoire Infinity (Institut toulousain des maladies infectieuses et inflammatoires), commun à l’Inserm, au CNRS et à l’université de Toulouse, ouvrent la possibilité de prédire la survenue d’une poussée et à plus long terme la perspective d’une nouvelle approche thérapeutique ciblant l’action de ces cellules.
Leur étude, publiée dans Science Translational Medicine, est basée sur les analyses des prélèvements sanguins de patients atteints de SEP, dans lesquels ils ont observé l’augmentation de la population de Tfr lors des poussées. « Ces cellules sont connues pour inhiber des pathologies auto-immunes, explique au Quotidien Nicolas Fazilleau, directeur de recherche Inserm et dernier auteur. Mais, dans la SEP, ces cellules participent à la pathologie. Elles favorisent la migration des cellules B mémoire vers le cerveau, un mécanisme à l’origine de la neuro-inflammation. Leur présence contribue à la sévérité de la maladie ».
Un suivi longitudinal d’une centaine de patients inclus dans des cohortes des CHU de Toulouse et Rennes a confirmé ce résultat. « La fréquence de ces cellules régulatrices dans le sang des patients était parfaitement corrélée à la neuro-inflammation », poursuit-il.
Dans un modèle murin dépourvu de Tfr, les chercheurs ont aussi observé une présence moins importante de cellules B dans le cerveau au cours d’une encéphalomyélite expérimentale, en comparaison avec un modèle porteur de Tfr. Sans l’activité de ces Tfr, les animaux ont développé une forme plus légère de la maladie, avec moins de poussées inflammatoires.
Anticiper la rechute pour traiter en amont
Les chercheurs espèrent maintenant pouvoir utiliser l’évaluation des Tfr comme outil de prédiction des poussées. « Détecter une rechute avant la survenue de signes cliniques permettrait de traiter les patients en amont. C’est important car les séquelles des rechutes sont irréversibles », souligne le directeur de recherche.
L’étude a également permis de mettre au jour une molécule appelée S1PR2 à la surface des cellules B, qui agit comme un frein en les empêchant de quitter les organes lymphoïdes. « En contrôlant l'expression de ce récepteur à la surface des lymphocytes B, les cellules régulatrices favorisent le passage des cellules B vers le système nerveux central où elles induisaient des dommages irréversibles », indique Nicolas Fazilleau. D’un point de vue thérapeutique, poursuit-il, « cibler ou contrôler l'expression de ce récepteur particulier à la surface des lymphocytes B permettraient d’empêcher les lymphocytes B de s'échapper vers le système nerveux central ».
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