L’homéopathie doit-elle encore être remboursée ? En septembre dernier, les académies des sciences européennes concluaient à « l’absence de preuve solide et reproductible de l’efficacité des produits homéopathiques ». Il y a quelques jours, 124 professionnels de santé ont lancé un immense pavé dans la mare. Dans une tribune à charge contre les médecines alternatives, ils estiment que l’homéopathie, mais aussi la mésothérapie ou l’acupuncture sont « sans aucun fondement scientifique ».
Les signataires, parmi lesquels figure un noyau dur de généralistes, demandent que les médecins qui continuent à promouvoir ces exercices particuliers ne soient « plus autorisés à faire état de leur titre ». Ils exigent de bouter les « fakes » hors de la fac et surtout de ne plus rembourser « les soins, médicaments ou traitements issus de disciplines refusant leur évaluation scientifique rigoureuse ». La tribune a rencontré un grand succès sur les réseaux sociaux. Les 124 premiers signataires ont été rejoints par des centaines d’autres en quelques heures. Les 5 000 médecins homéopathes dénoncent une attaque diffamatoire. Certains syndicats ont décidé d’engager des recours devant les conseils ordinaux pour anti-confraternité.
Comment expliquer l’ampleur soudaine de ce mouvement ? Le statut particulier du médicament homéopathique, qui dispose d’un enregistrement spécifique, se justifie-t-il toujours ? L’Angleterre a décidé, il y a quelques mois, de ne plus rembourser l’homéopathie. La France, grande consommatrice qui accueille le laboratoire leader mondial de l’homéopathie, peut-elle lui emboîter le pas ? Interpellé, l’Ordre des médecins s’est estimé « incompétent » sur les aspects scientifiques. Le Cnom a renvoyé la balle à l’Académie de médecine et enjoint le ministère de la Santé de saisir la HAS et l’ANSM.
Agnès Buzyn ne pourra pas rester longtemps silencieuse. En vraie scientifique, elle gagnerait à se prononcer sur les fakes, en s’appuyant sur les faits, rien que les faits.
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