Les programmes de formation parentale sont de plus en plus considérés par les organisations impliquées dans la santé mentale des enfants, comme l’OMS et l’Unicef. Ils visent à « instruire » les parents afin de limiter la maltraitance et améliorer leurs relations avec leurs enfants. Dans les lieux de soins également, la guidance parentale est largement proposée depuis de nombreuses années, et existe sous deux formes : l’une d’elles, la plus pratiquée, est l’accompagnement des parents incluant la psycho-éducation. La seconde, plus récente, consiste à inclure les parents en tant que véritables partenaires, voire « co-acteurs » de soin, au sein de « thérapies médiées par les parents ».
Dans une pédopsychiatrie longtemps dominée par la psychanalyse, tendant à mettre à distance les parents, cet abord nouveau vise à « mettre en valeur les compétences naturelles » du parent et « à les valoriser », insiste le Dr Marie-Joëlle Orêve, pédopsychiatre spécialiste des troubles neuro-développementaux (TND) au centre hospitalier de Versailles : « Il s’agit aussi de les soutenir dans la compréhension du fonctionnement de leur enfant, dans la stimulation du développement et des apprentissages de celui-ci ». L’implication active des parents est particulièrement recommandée dans les TND, comme le trouble du spectre autistique (TSA ) et le déficit de l’attention avec ou sas hyperactivité (TDAH), où le fonctionnement de l’enfant est parfois peu compréhensible. À partir de mises en situations filmées, les professionnels analysent le comportement de l’enfant dans la relation et guident le parent vers ses propres stratégies positives. Un feedback est proposé afin d’observer à nouveau la séquence et de réfléchir à ce qui peut être fait. Plusieurs programmes de ce type existent, parmi lesquels le Pact (Pediatric Autism Communication Therapy), destinés aux parents de jeunes enfants autistes.
Une dimension réflexive plébiscitée
Ce programme, qui s’étale sur 6 mois à 1 an, à raison d’une séance tous les 15 jours (à distance ou présentiel), a bénéficié d’une étude d’implémentation au centre hospitalier du Vinatier (Bron). Résultats : « Si les croyances sont positives sur la méthode et que les professionnels sont formés, les effets sont très positifs, résume Marie-Maude Geoffray, psychiatre au Vinatier. Les parents apprécient sa dimension réflexive, et le fait que l’on ne leur dise pas quoi faire ». Via le renforcement positif, la compréhension du fonctionnement de leur enfant et l’apprentissage de stratégies positives, les parents deviennent experts et plus à même de favoriser le bien-être de leur enfant.
D’après la session : « Vidéoguidance dans les troubles du neurodéveloppement : les apports et les freins »
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