Le Meopa a montré une action antalgique faible mais doublée d’un effet anxiolytique. D’où un intérêt en médecine d’urgence, pédiatrie ou obstétrique, et en ville, en odontologie et lors de soins à domicile.
Côté sécurité, les données semblent rassurantes pour les patients. Plusieurs études prospectives conduites sur des années et des milliers d’inhalations rapportent surtout des nausées et vomissements et une sensation de chaleur, bénins et réversibles. Les effets indésirables graves apparaissent extrêmement rares. Et l’étude Enigma2, conduite auprès de patients éligibles à une chirurgie cardiaque, rassure quant au risque cardiovasculaire.
En fait, c’est surtout le risque addictogène potentiel qui inquiète, mais essentiellment du fait d’une confusion avec le protoxyde d’azote pur. Le Meopa, lui, ne semble susceptible de conduire à une addiction qu’en cas de consommation de hautes doses à un rythme soutenu (inhalations quatre à cinq fois par jour) et prolongé (au moins une année). Ainsi, seuls 3 % des patients, parmi lesquels ceux atteints de drépanocytose, semblent à risque.
Exposition professionnelle
Au-delà de la tolérance côté patients, l’impact écologique devient une nouvelle préoccupation. Car le protoxyde d’azote compte parmi les gaz à effet de serre – et contribue à 75 % à l’empreinte carbone des gaz médicaux.
Dans une perspective de santé au travail, la sécurité du Meopa interroge également dans la mesure où sont documentés, en cas d’exposition professionnelle répétée, quelques effets hématologiques (avec une diminution de la vitamine B12 et du taux de lymphocytes réversible) et cognitifs (réversibles et dose-dépendants), et où une reprotoxicité, non démontrée, n’est pas non plus totalement écartée.
Quelques règles de bonne pratique existent pour limiter les fuites et protéger environnement et praticiens : stopper l’alimentation en Meopa dès que le patient ne porte plus de masque, utiliser un masque à double enveloppe et du Meopa en bouteille, ne pas évacuer le gaz dans les couloirs ni les salles de bain, etc. L’Anses recommande, à titre de précaution, de ne pas dépasser une valeur limite d’exposition professionnelle de 25 ppm par jour. Et une nouvelle réglementation européenne devrait encadrer la protection des soignants vis-à-vis du Meopa à partir de 2027.
D’après la session « Le Meopa : mi-ange, mi-démon ? »
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