En clôture du 32e congrès d’optométrie et de contactologie qui se tenait les 27 et 28 janvier à Paris, l’Association des optométristes de France (AOF) a plaidé pour une « indispensable réglementation » de la profession. Pour Philippe Verplaetse, président de l’AOF, « la France est l’un des seuls pays de l’Union européenne où l’optométrie n’est ni reconnue, ni réglementée ».
La France compte aujourd’hui 5 300 ophtalmologistes, mais, selon le rapport de l’ONDPS (Observatoire national de la démographie des professions de santé) de 2010, leur nombre va baisser de 19 % d’ici à 2015 et de 40 % à l’horizon 2020, accentuant encore les délais d’accès aux soins. « Cette situation sanitaire ne peut plus durer », assure Philippe Verplaetse. Le président de l’AOF dénonce la « solution inefficace » qui consisterait à augmenter le nombre d’orthoptistes, ceux-ci étant le plus souvent déjà employés dans les cabinets d’ophtalmologistes. Il met également en avant le fait que « sur les 50 actes les plus fréquents en ophtalmologie, les optométristes peuvent en réaliser plus de la moitié, au moindre coût ».
Organiser la délégation de tâches
Philippe Verplaetse rappelle qu’en décembre dernier, Marisol Touraine, ministre de la Santé, avait évoqué une possible délégation de tâches des ophtalmologistes vers les optométristes. « Une solution efficace » selon l’AOF dans la mesure où plus de 3 000 opticiens sont déjà qualifiés en optométrie. Ces professionnels ont « une répartition géographique très homogène », correspondant à celle de la population, et ils ont le plus souvent financé eux-mêmes leur formation, rendant cette solution économique.
L’AOF propose plusieurs mesures. Tout d’abord, une loi réglementant la profession, mais aussi la détermination avec les pouvoirs publics d’un numerus clausus fixant le nombre d’optométristes à former annuellement et leur répartition régionale.
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