« La Communion », « Monos »

Une jeunesse en quête de sens

Par
Renée Carton -
Publié le 05/03/2020
Laissons le cinéma français à sa crise, dont les motifs ne sont pas contestables, et partons en Pologne (« la Communion ») et en Colombie (« Monos ») en compagnie de jeunes gens qui se cherchent, dans la violence mais pas seulement. Au-delà de sujets qui peuvent sembler arides, des films passionnants.
« La Communion »

« La Communion »
Crédit photo : BODEGA FILMS

« Monos »

« Monos »
Crédit photo : STELA CINE

Dans une petite ville de Pologne, un jeune homme s'est fait passer pour prêtre pendant quelques mois, se révélant même plus efficace que son prédécesseur. Cet étonnant fait-divers inspire « la Communion », le troisième film du réalisateur polonais Jan Komasa, qui a connu un grand succès dans son pays et figurait parmi les cinq œuvres nommées pour l'Oscar du meilleur film international (remporté par « Parasite »).

Dans le scénario écrit par Jan Komasa avec Mateusz Pacewicz, le journaliste auteur d'un article sur cette histoire, le garçon de 20 ans sort d'un centre de détention, où il a été enfermé après avoir commis un meurtre à 15 ans et où il s'est découvert une vocation spirituelle, et débarque dans une petite ville où il doit travailler dans un atelier de menuiserie. À la suite d'un concours de circonstances, le voici curé de cette communauté plutôt isolée et conservatrice.

Au plus près de la complexité du personnage, incarné par un comédien charismatique, Bartosz Bielenia, le film n'en néglige pas pour autant la peinture d'une société polonaise où la foi, qui servait de repères à beaucoup, commence à perdre du terrain. Un film puissant et passionnant.

Un combat pour quoi ?

Dans la montagne colombienne, un groupe de guérilleros, chargés de veiller sur une otage américaine. La guerre n'est pas identifiée et les combattants sont des adolescents, plus ou moins fanatisés mais qui restent par bien des côtés des enfants. Ce qui a intéressé Alejandro Landes, le réalisateur colombo-équatorien de « Monos », c'est la confrontation de l'individu et du collectif, la lutte pour le pouvoir mais aussi le besoin d'être aimé, la perte de l'innocence, la violence d'un combat dont l'objectif est perdu (s'il a jamais existé)…

Les paysages de montagnes et de jungle sont très beaux. Les images suivent au plus près les jeunes gens dans leur chemin tragique. On se pose des questions tout en admirant la mise en scène stylisée, dont certains moments rappellent « Apocalypse Now », et en s'émouvant du sort de tel ou tel personnage, de ces ados qui n'ont ni passé ni futur.

« Monos », deuxième film d'Alejandro Landes, a reçu le prix spécial du jury au festival de Sundance 2019.        

Et aussi

« De Gaulle » : Gabriel Le Bomin, auteur notamment d'une série documentaire sur la France libre, s'intéresse dans cette fiction au de Gaulle « illégitime » de juin 1940, d'après les « Mémoires de guerre », le témoignage de Philippe de Gaulle et les lettres qu'ont alors échangées Charles et Yvonne de Gaulle. Pour incarner le couple dans ce moment « romanesque », Lambert Wilson et Isabelle Carré.

« Woman », de Yann Arthus-Bertrand et Anastasia Mikova, un documentaire sur les injustices que subissent les femmes dans le monde, à travers des entretiens à la première personne.

« En avant » : la dernière production d'animation Disney-Pixar entraîne dans un monde mi-magique, mi-familier autour de deux frères elfes, métaphore plutôt enlevée et drôle sur l'adolescence

Renée Carton

Source : Le Quotidien du médecin