Prudence chez l’asthmatique

Tabagisme passif : l’e-cigarette aussi

Par
Pascale Solere -
Publié le 17/12/2018
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Crédit photo : VOISIN/PHANIE

Un rapport de l’Académie nationale des sciences américaine a récemment conclu que l’usage des e-cigarettes majore probablement la toux, les sifflements et les exacerbations chez les jeunes asthmatiques, même si le niveau de preuve est limité. Ce qui pose la question de l’exposition passive aux aérosols dégagés par ces e-cigarettes. Or, une étude d’observation suggère qu’elle pourrait elle aussi augmenter les exacerbations chez des préadolescents et adolescents asthmatiques (1).

Cette étude américaine porte sur 12 000 jeunes asthmatiques âgés de 11 à 17 ans vivant en Floride dont le tabagisme, l’usage d’e-cigarettes et du narguilé, l’exposition passive à la fumée de tabac et aux e-cigarettes ont été documentés, ainsi que les exacerbations asthmatiques survenues dans l’année. Au total, 21 % d’entre eux en avaient fait une, et 33 % rapportaient être exposés aux aérosols d’e-cigarettes.

L’analyse confirme l’impact du tabagisme : les exacerbations étaient plus fréquentes chez les fumeurs et ceux exposés au tabagisme passif. Mais elle montre aussi que l’exposition aux aérosols d’e-cigarettes, après ajustements, est significativement associée à un risque accru d’exacerbations (RR = 1,27 ; [1,1 – 1,5]). Et cette association étant indépendante du tabagisme, du tabagisme passif et du recours aux e-cigarettes, l’exposition aux aérosols constituerait donc un facteur en soi d’exacerbations.

Ces résultats demandent à être confirmés dans une étude prospective longitudinale, notent les auteurs. Néanmoins, en attendant, en pratique clinique, il semble judicieux de conseiller aux jeunes asthmatiques d’éviter non seulement le recours aux e-cigarettes, mais aussi l’exposition passive aux aérosols qu’elles dégagent.

(1) Bayly JE et al. Secondhand exposure to aerosols from electronic nicotine delivery systems and asthma exacerbations among youth with asthma. Chest. 2018 Oct 22. DOI : 10.1016/j.chest.2018.10.005

Pascale Solere

Source : lequotidiendumedecin.fr