Sans surprise, c’est un constat alarmant de « dépeuplement » de gynécologues et de cardiologues libéraux, après plusieurs départs en retraite, qui a motivé la création d’un centre de consultations par le CHR de Metz. « Nous étions aussi confrontés à un manque d’espace dans les locaux de Mercy, d’où l’importance d’externaliser les consultations. Et puis, la belle initiative menée avec le Dr Marwan Yassine, chef du service de cardiologie du CHR, à l’occasion de la journée Agir pour le cœur des femmes, nous a convaincus de renforcer notre collaboration. Nous avons la volonté d’aller vers les patientes et de leur proposer des parcours de soins coordonnés, simples, rapides et efficaces intégrant prévention et dépistage », explique la Dr Marie-Laure Eszto, chef du service de gynécologie au CHR de Metz-Thionville.
« Depuis septembre 2024, l’opération Agir pour le cœur des femmes nous a effectivement conduit à collaborer davantage », confirme le Dr Marwan Yassine.
Si un parcours de soins avait été élaboré pour la prééclampsie sur le site de Mercy, les deux chefs de service ambitionnent de le décliner pour d’autres pathologies gynécologiques, puis dans d’autres spécialités, dans le nouvel « écrin » que représente le centre de consultations Saint-Thiébault.
Une attractivité renforcée
Le site, ouvert du lundi au vendredi de 8 à 18 heures, offre en effet nombre d’atouts : implanté à proximité des gares routière et ferroviaire, situé au-dessus d’un centre d’imagerie, il a été entièrement repensé et équipé de plateaux techniques : deux bureaux équipés d’un appareil à électrocardiogramme (ECG), de deux échographes, de holters ECG et d’instruments de mesure de la pression artérielle pour la cardiologie ; trois bureaux, deux échographes et un équipement complet pour la gynécologie-obstétrique.
Chaque jour, une équipe médicale différente intervient : un médecin et une infirmière en cardiologie ; deux gynécologues et une sage-femme. Avec une montée en puissance programmée dès 2026 : un deuxième cardiologue et une infirmière de pratique avancée, présente une journée par semaine, devraient étoffer l’équipe « de ville ».
« Expérimenter cette activité plaît aux jeunes médecins. En cardiologie, le plus âgé a 40 ans, note le Dr Marwan Yassine. Le lieu est particulièrement agréable et convivial. Un cabinet de radiologie est situé à l’étage du dessous et des laboratoires d’analyses biologiques sont aussi accessibles à proximité ».
Par suite de cette nouvelle activité, un médecin cardiologue a été recruté dans le service hospitalier et l’équipe de gynécologie-obstétrique sera également renforcée. « Être attractif impose de proposer un exercice varié et un environnement chaleureux. Le travail avec les cardiologues est aussi très intéressant pour les jeunes praticiens », souligne la Dr Marie-Laure Eszto.
Parcours
Différents parcours de soins sont aujourd’hui expérimentés au centre Saint-Thiébault, avec des rendez-vous médicaux séquencés et coordonnées entre les deux spécialités. « Prenons l’exemple d’une patiente en début de ménopause qui présente des bouffées de chaleur invalidantes et des antécédents importants, illustre le Dr Marie-Laure Eszto. Elle a besoin d’informations, de dépistage, d’examens comme des échographies pelvienne et cardiaque. Nous lui proposons désormais un parcours de quatre rendez-vous successifs : un premier pour l’accueil, l’information et le dépistage ; un deuxième avec l’infirmière de cardiologie qui réalisera l’ECG et examinera les bilans sanguins ; un troisième avec le cardiologue qui évaluera les facteurs de risque et un quatrième pour une synthèse avec le gynécologue ».
Des parcours sur le même modèle seront proposés pour différentes pathologies ou situations complexes : la périménopause, les contraceptions difficiles, le syndrome des ovaires polykystiques, etc.
« Si les patientes sont généralement très informées sur le cancer du sein, elles négligent complètement leur santé cardiaque, comme l’a souligné le Pr Claire Mounier-Vehier, Cofondatrice d’Agir pour le cœur des femmes. Nous pallions les ruptures de suivi. Par ailleurs, développer la prévention est intéressant et efficace », poursuit la cheffe de service de gynécologie-obstétrique.
Fort de ce succès, le Dr Marwan Yacine espère reproduire le même schéma dans d’autres spécialités « ne serait-ce que pour raccourcir les délais de rendez-vous des patients. S’il y a de nombreuses actions à mener pour les femmes, le centre reçoit aussi beaucoup d’hommes. La prochaine spécialité à nous rejoindre sera très probablement l’urologie ».
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