Dossier

17 millions de femmes de 25 à 65 ans sont concernées

Le dépistage du cancer du col passe à la vitesse supérieure

Publié le 31/01/2019
Le dépistage du cancer du col passe à la vitesse supérieure

Cancer du col
S. Toubon

Mis en œuvre par les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers, le programme de dépistage du cancer du col de l’utérus concerne les femmes de 25 à 65 ans et consiste en la réalisation d’un prélèvement cervico-utérin tous les 3 ans (après 2 premiers prélèvements normaux à un an d’intervalle).

« 17 millions de femmes concernées. Toutefois, 40 % ne réalisent pas ou pas régulièrement ce dépistage, observe Stéphanie Barré, responsable de projets au sein du département dépistage de l’Institut national du cancer (INCa). Ce sont généralement les femmes de plus de 50 ans qui allègent leur suivi gynécologique après l'arrêt de la contraception, les femmes en situation de précarité ou de handicap et celles qui ont déjà un cancer ou une pathologie chronique lourde. Elles recevront un courrier d'invitation à réaliser un prélèvement cervico-utérin ».

Enrayer la diminution du taux de survie

Objectif ? Atteindre un taux de couverture de 80 % au lieu des 60 % actuels, mais aussi diminuer la mortalité de 30 % en 10 ans. Le cancer du col est en effet un des seuls cancers pour lequel le taux de survie se dégrade : « nous sommes passés d’un taux de survie à 5 ans de 68 % sur la période 1989-1993 à 62 % entre 2005 et 2010, note Stéphanie Barré. Le rôle du professionnel de santé sera donc essentiel, notamment pour s’assurer que les femmes ont un suivi gynécologique et leur proposer si nécessaire de réaliser le prélèvement ».

Pour palier les inégalités territoriales d'accès aux soins, « les problématiques liées à la démographie médicale ont été anticipées et les points d’accès au dépistage devraient être multipliés », remarque la responsable de l’INCa. Ainsi, le prélèvement cervico-utérin pourra être effectué chez un généraliste, un gynécologue ou une sage-femme, dans les laboratoires de biologies médicales, mais également dans le cadre de protocoles de soins validés par la HAS, dans les maisons de santé pluridisciplinaires par des infirmiers. « Les gynécologues et les généralistes pourront orienter les patientes vers d'autres professionnels pour le prélèvement, mais charge à eux d'assurer le suivi », continue Stéphanie Barré.

Dans le cadre d’expérimentations, et comme le prévoit le cahier des charges du programme, les centres de coordination pourront proposer, après avis favorable de l’INCa et autorisation du ministère de la Santé, des stratégies complémentaires comme l'envoi de kits de prélèvements à domicile pour des autoprélèvements. « Cette modalité a déjà été testée en Indre-et-Loire, dans le cadre d'un essai contrôlé, randomisé, et cela s'est révélé efficace », conclue la responsable.

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