Comment impliquer les entreprises dans la lutte contre les conduites addictives ?

Par Elsa Bellanger
Publié le 14/01/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : PHANIE

Comment impliquer les entreprises dans la prévention et la réduction des consommations addictives et à risque (alcool, tabac, stupéfiants) ? C’est la question sur laquelle s’est penchée la Plateforme RSE (Plateforme nationale d’actions globales pour la responsabilité sociétale des entreprises), hébergée par France Stratégie. Saisie en mai dernier par le président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, la structure a élaboré une série de 15 recommandations « susceptibles d’encourager les entreprises à s’engager dans des démarches volontaires ».

Une approche globale de prévention et de réduction des risques

L’enjeu est de taille : il s’agit de « promouvoir une approche globale de prévention et de réduction des risques », alors que les conduites addictives continuent de tuer (73 000 décès par an, rien que pour le tabac) et représentent un coût sanitaire et social important (120 milliards d’euros chaque année, pour l’alcool).

Ainsi, dans la perspective de cette approche globale, une partie des recommandations s’adresse directement au gouvernement. Ce dernier est invité à privilégier la prévention sur la répression et à intégrer la lutte contre les conduites addictives dans la formation initiale des futurs managers (écoles de commerce, de gestion et d’ingénieurs). Côté formation, le gouvernement est aussi invité à intégrer la thématique de l’addiction dans la formation des futurs responsables d’un débit de boissons ou de tabac avant l’obtention d’un KBIS. Charge également à la tête de l’État de « mener à bien la réforme de la médecine du travail et mettre en place des dispositifs de dialogue entre la médecine du travail et la médecine de ville ».

Les entreprises mises à contribution

Pour les entreprises, l’attention devra se porter sur la qualité de vie au travail (QVT), sur la diffusion des campagnes nationales de sensibilisation et des programmes d’action, mais aussi sur l’association des parties prenantes internes (salariés, médecine du travail, DRH, managers, etc.) aux actions d’information et de prévention.

Les entreprises productrices et distributrices d’alcool ou de tabac devront faire un effort supplémentaire. Elles sont d’abord fortement incitées à mettre en œuvre la « recommandation alcool » de l’ARPP et à « relayer les messages des campagnes nationales de prévention sur les unités de conditionnement de leurs produits ». Elles pourraient par ailleurs être encouragées à proposer des outils de prévention aux entreprises (guides, éthylotests, etc.) et à former les professionnels au contact des consommateurs sur l’interdiction de vente aux mineurs.

Elles pourraient être contraintes de « faire figurer dans leur déclaration de performance extra-financière le montant des dépenses consacrées aux actions de lobbying », ainsi que les « positions fournies au débat ». Au niveau des fédérations professionnelles, il s’agira de renforcer l’accompagnement et la sensibilisation de leurs adhérents, mais surtout d’établir une charte d’engagement à destination des opérateurs de filières productrices ou distributrices d’alcool et de tabac.