Microbiote intestinal - La FFRD finance trois nouveaux projets

Microbiote intestinalLa FFRD finance trois nouveaux projets

09.01.2019
Trois allocations de 300 000 € chacune viennent d'être attribuées par la fondation francophone pour la recherche sur le diabète (FFRD) à des projets de recherche portant notamment sur le rôle du microbiote intestinal dans le diabète.
  • microbiote

Le projet PROBIOLAB, mené par le Dr Hubert Vidal, directeur de recherche INSERM (U 1060) à l’Université de Lyon, vise à identifier de nouvelles souches bactériennes possédant des propriétés antidiabétiques pour les associer, sous forme de probiotiques, à des molécules déjà commercialisés pour la prise en charge du diabète de type 2 (DT2). L'idée est de créer une synergie entre probiotiques et médicaments pour diminuer les doses de médicaments (metformine notamment) prescrites aux patients. Ce projet s'articule autour de 4 axes : le premier consiste à identifier de nouvelles souches de bactéries ayant des propriétés antidiabétique via un criblage fonctionnel chez des drosophiles rendues diabétiques "l'intestin de ces insectes contenant peu de bactéries, il est facile de donner une seule souche bactérienne à ingérer à des drosophiles axéniques pour déterminer si cette souche a un effet sur le diabète", précise le Dr Vidal. A l'heure actuelle, 24 souches ont déjà été identifiées. Il faut ensuite s'assurer de l'efficacité de ces souches sur l'homéostasie du glucose et caractériser leur mécanisme d'action sur des modèles pré-cliniques de souris diabétiques ; puis cultiver et produire aux normes GMP (Good Manufacturing Practices) les souches bactériennes les plus pertinentes ; enfin, évaluer l'efficacité de la meilleure souche identifiée via un essai clinique pilote mené chez des patients diabétiques moyennement équilibrés sous metformine.

Cellules MAIT et protection contre le diabète de type 1

En 2017, la Dr Agnès Lehuen et son équipe ont démontré (3) qu'il existait des altérations des cellules MAIT (mucosal associated invariant T, cellules T innées reconnaissant des dérivés de la synthèse de la riboflavine produits par les bactéries et présentés par la molécule MR1) avant le diagnostic de diabète de type 1 (DT1) chez les patients et la souris NOD et que, chez cette dernière, ces cellules étaient impliquées dans le maintien de l’intégrité́ de la muqueuse intestinale et protégeaient contre le développement d'un DT1.

Leur nouveau projet vise à améliorer les connaissances sur la physiologie du DT1 en étudiant les modifications des cellules MAIT en lien avec le microbiote intestinal, l'intégrité des muqueuses et la présence du virus Coxsackie B dans le microbiote intestinal chez des enfants à risque de développer un DT1 et au moment du diagnostic. Pour, in fine, ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques basées sur la manipulation de ces cellules par le microbiote pour prévenir le développement du DT1.

Les dihydrocéramides, biomarqueurs des stéatopathies métaboliques et du DT2 ?

La Dr Fabienne Foufelle, du Centre de recherche des Cordeliers à Paris, s'intéresse au lien entre concentrations circulantes de dihydrocéramides (DHCer), stéatopathies métaboliques (NAFLD) et progression du DT2. Les sphingolipides et en particulier
la famille des céramides sont en effet connues pour induire une insulinorésistance et une
inflammation au sein des tissus et pourraient être un élément commun à ces deux
pathologies.

En 2018, son équipe a démontré (1) que la concentration plasmatique de DHCer était augmentée chez les patients atteints de DT2. En 2017, une autre étude (2) avait mis en évidence une corrélation entre concentrations circulantes de DHCer, insulinorésistance et apparition a posteriori d'un DT2. L'hypothèse de travail de l'équipe de la Dr Foufelle est qu'au cours des NAFLD la synthèse des DHCer hépatiques est augmentée par activation de la lipogenèse et que ces DHCer ont des effets au niveau du foie, des tissus insulinosensibles et des cellules immunitaires circulantes (inflammation, stress du réticulum endoplasmique, stress oxydant, insulinorésistance) participant à la progression de la NAFLD et à l'apparition du DT2. Si cette hypothèse est confirmée, cela permettrait de valider les DHCer comme nouveaux acteurs et biomarqueurs de la progression vers la stéatohépatite non alcoolique et le DT2.

 

D'après une conférence de presse de la FFRD
(1) Szpigel et al. Diabetologia 2018 DOI : 10.1007/s00125-017-4462-5
(2) Wigger et al. Cell Rep. 2017 DOI : 10.1016/j.celrep.2017.02.019
(3) Rouxel et al. Nat Immunol. 2017 DOI :  10.1038/ni.3854

Stéphany Mocquery
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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