Les périodes électorales transforment les marchés en étaux politiques, où les marchandises s’échangent au même rythme que les tracts. Après quelques pas seulement entre le marchand de fruits et légumes et le poissonnier, les visages d’Emmanuel Grégoire, de Sarah Knafo et de Rachida Dati se superposent dans les mains des badauds pressés de ce marché du 13e arrondissement de Paris. Ceux de Sophia Chikirou, prétendante à la France insoumise (LFI) à la mairie de Paris, et Christophe Prudhomme, médecin et candidat à la mairie du 13e arrondissement, côte à côte, annoncent la couleur : ils se présentent comme « des candidats de rupture ».
Désormais à la retraite, celui qui a été urgentiste pendant près de 40 ans au Samu 93 (Bobigny) se tient au croisement de la rue de Tolbiac et de la rue de l’Amiral-Mouchez. Avec plusieurs militants insoumis, gilet rouge sur les épaules, le médecin alpague les passants pour parler notamment de la problématique de la santé de proximité. « Nos concitoyens se trouvent parfois dans l’impossibilité de trouver des spécialistes sans dépassement d’honoraire », regrette celui qui a été pendant longtemps représentant CGT des médecins et porte-parole des urgentistes de l’Amuf.
Des centres de santé préservés et d’autres, en projet
La solution à ce problème, il la présente à chaque passant : un centre de santé municipal dans lequel les médecins seraient salariés de l’Assistance Publique- Hôpitaux de Paris (AP-HP). Dans ces structures hybrides, la gestion de l’activité médicale serait confiée au CHU francilien tandis que les locaux seraient mis à disposition par la municipalité. « Cela garantirait un accès aux soins, de généralistes et de spécialistes, sans dépassements d’honoraire, indique celui qui prédit la mort de la médecine libérale. Et du côté des professionnels de santé, les jeunes médecins sont bien plus enclins à se salarier, notamment pour l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle ». L’architecte du programme santé à l’échelle nationale de la France insoumise prévoit l’élargissement de cette mesure pour chacune des municipalités et des arrondissements de Paris d’ici à 2032.
Le candidat insoumis, en cas de victoire, s’engage également à soutenir les centres de santé municipaux ou associatifs déjà présents dans l’arrondissement. À quelques rues de là, le centre de santé dentaire et pédiatrique Eastman, ainsi que d’autres, Edison, Moulinet et Hahnemann, doivent être protégés et pérennisés, selon le médecin. Quant au chantier aux abords de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, coincé entre la gare d’Austerlitz, le boulevard de l’Hôpital et l’avenue Pierre Mendès-France, l’urgentiste de 65 ans s’indigne : « Cette gigantesque opération immobilière, servant à installer centre commercial et bureaux, aurait tout à fait pu servir à construire des logements pour le personnel hospitalier qui peine à trouver un habitat à Paris ! »
En attendant que des centres de santé et des logements pour les professionnels de santé à l’hôpital soient bâtis, le Dr Prudhomme continue à tracter, à quelques mètres d’autres militants de toutes les couleurs politiques, embaumés par les effluves des poulets grillés de la rôtisserie du marché.
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