Médecins décédés du Covid-19 en Chine, pour moitié des retraités venus en renfort

Publié le 16/04/2020

La triste fin du lanceur d'alerte, le Dr Li Wenliang, ophtalmologue à Wuhan et mort du coronavirus à l'âge de 34 ans après avoir été réduit au silence, a fait l'effet d'un détonateur. Au total, la Chine fait état de 23 soignants décédés de l'infection Covid-19 parmi les 3 387 cas confirmés chez les professionnels de santé, selon les autorités du pays.

Dans « The New England Journal of Medicine », l'équipe de Shuaijun Zhu de l'hôpital universitaire Fujian publie les caractéristiques de ces soignants qui ont perdu la vie en étant infectés pendant la pratique de la médecine à Wuhan et ailleurs en Chine. Des « héros » au cours de cette pandémie catastrophique, leur rendent hommage les auteurs.

Parmi ces personnes âgées de 29 à 72 ans (de 55 ans en médiane), il y avait une majorité d'hommes (avec 17 cas) pour six femmes, la plupart étant originaires de Wuhan ou de la région du Hubei.

Onze étaient à la retraite et venus en renfort pour faire face à l'épidémie. Au moins cinq présentaient une maladie chronique, comme l'hypertension, une fibrillation atriale ou un syndrome post-polio.

Parmi ces professionnels, 21 étaient médecins, une infirmière et un autre technicien ECG. Parmi les médecins, cinq étaient généralistes en structures publiques ou privées, deux internistes, deux autres pneumologues, un gastro-entérologue et trois pratiquaient la médecine chinoise tandis que huit étaient chirurgiens, dont trois ophtalmologues.

Les protections, un impératif efficace

La période médiane entre l'apparition des symptômes et l'admission à l'hôpital était de 6 jours (de 0 à 15 jours), celle entre l'admission et le décès de 19 jours (de 1 à 47 jours). Chez 16 de ces soignants, le syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) a très rapidement progressé, 13 d'entre eux étant âgés de plus de 50 ans.

Outre le SDRA, les autres complications liées à l'infection comprenaient l'infarctus du myocarde, le choc septique, la défaillance multiple d'organe, l'hypercoagulabilité, le thrombus intracardiaque et la bactériémie.

Pour les auteurs qui soulignent qu'aucun des soignants ne travaillait en service d'infectiologie, « les infections chez ces patients ont pu résulter de précautions inadéquates et de protection insuffisante dans les étapes précoces de l'épidémie ». Par la suite, aucun des 42 600 soignants venus travailler dans la province de Hubei n'a été testé positif au SARS-CoV-2 en date du 31 mars, est-il rapporté, leur faisant écrire que « des précautions suffisantes et rigoureusement appliquées peuvent prévenir l'infection chez les personnels de santé et ainsi le risque de décès ».


Source : lequotidiendumedecin.fr