Au musée de l'Homme, « Dans ma peau »

Voyage fantastique au cœur d'un prodigieux organe

Par
Hélia Hakimi-Prévot -
Publié le 18/03/2019
Peau-Couleurs

Peau-Couleurs
Crédit photo : MATTEO/L'ORÉAL

Peau-Goutte

Peau-Goutte
Crédit photo : L'ORÉAL

La peau nous protège des agressions extérieures. Cette enveloppe de vie est également notre carte d'identité : un marqueur de l'âge et de notre état de santé. L'exposition « Dans ma peau » nous invite dans un voyage immersif pour mieux comprendre le rôle de cet organe vital et la façon dont nous pouvons le préserver.

La visite commence dans un tunnel dont les murs reproduisent des images de peau obtenues par imagerie multiphotons. Cette technique récente de microscopie laser révèle la morphologie des différentes cellules cutanées dans leurs proportions réelles. « L'imagerie multiphotons permet d'observer l'épiderme et le derme superficiel (jusqu'à environ 200 micromètres) de façon non invasive, explique Anna Maria Pena, chercheuse chez L'Oréal. Grâce à cette technique, nous obtenons une multitude d'informations en 3D. Cela nous aide, par exemple, à mesurer la diminution de l'épiderme et de l'ondularité de la jonction dermo-épidermique liée au vieillissement. Ou encore à caractériser la densité de mélanine de la peau. Cette technique d'imagerie est, notamment, utilisée par les chercheurs pour affiner la compréhension et le diagnostic de pathologies impliquant la mélanine, telles que les cancers cutanés. »

Des ateliers ludiques

Une fois sortis du tunnel, une première salle nous immerge directement sous la peau : un spectacle vidéo projette, sur les murs, des coupes histologiques cutanées. La plongée scientifique se poursuit via de nombreux ateliers éducatifs. Nous pouvons par exemple, en manipulant différentes zones d'un dispositif interactif, tester nos récepteurs sensoriels et comprendre ce qui se passe, au niveau cérébral, lorsque l'on tire, tord ou pince la peau ou lorsque l'on touche une surface chaude ou froide.

Chacun pourra également déterminer la couleur de sa peau en introduisant son visage ou sa main dans une chromasphère (dispositif colorimétrique de mesure de la couleur). Un écran affichera alors la couleur mesurée et l'intégrera au sein d'un nuancier géant, montrant que l'ensemble des couleurs cutanées forment un continuum.

Grâce à divers dispositifs visuels et sonores, le visiteur peut également mieux comprendre les qualités de souplesse et d'imperméabilité de la peau, les processus de son vieillissement et la complexité de son microbiote.

La recherche cutanée à l'honneur

Enfin, l'exposition fait la part belle à la recherche médicale : une salle reconstitue notamment une ambiance de laboratoire à la scénographie ouverte. Celle-ci comprend une série de stèles détaillant toutes les étapes de la reconstruction de modèles de peau humaine. Une interview filmée d'Axel Kahn présente l'utilité des récentes recherches sur les modèles de peaux reconstruites (grands brûlés, maladies génétiques rares…). À la fin de la visite, une animation holographique révèle les pistes de recherches du futur, telles que la bio-impression 3D ou les capteurs connectés.

Ludique et accessible, l'exposition « Dans ma peau » n'en est pas moins instructive : elle lève le voile sur les mystères du plus grand organe du corps humain. De véritables merveilles que les chercheurs découvrent, au fil du temps, pour réparer des corps et sauver des vies.

 

 

 

Jusqu'au 3 juin, www.museedelhomme.fr

Hélia Hakimi-Prévot

Source : Le Quotidien du médecin: 9733